La Sicile en camping car

Le thermomètre affiche +14,9°c le samedi 28 août et il fait très beau lorsque nous prenons la route à 10 heures. Il fait +30°c quand nous arrivons à Parme, terme d’une première étape de 557 kilomètres. Nous stationnons pour la nuit sur la même aire qu’en juillet 2007 lorsque nous sommes allés dans les Pouilles quoiqu’un écriteau indique que l’aire réservée aux camping cars a désormais changé d’adresse : Elle est à l’autre bout de la ville, mais un camping cariste italien m’informe qu’il a demandé à la police où il pouvait se garer et qu’on lui a indiqué précisément l’endroit où nous sommes. Nous y restons.

 

 Le dimanche 29 août, le thermomètre marque 17,9°c et il fait toujours très beau. Nous quittons Parme à 8 heures. Autoroute jusqu’à Frosinone. Nous prenons ensuite la route pour rejoindre la côte que nous trouvons à Terracina. Très belle route de Sperlonga à Formia où nous nous arrêtons à 17 heures 30 après une deuxième étape de 618 kilomètres cette fois. Un grand écriteau indique « Parcheggio gratuito » : Il est en bord de mer avec une vue magnifique sur la ville et sur la baie. Quelques camping cars sont déjà installés, nous nous garons avant d’aller nous dégourdir les jambes sur la digue. Il fait +39°c et le ciel est menaçant, mais aucun orage n’éclatera et, à 21 heures, il fait encore +27°c.

 

La-baie-de-Formia.jpgDépart de Formia à 8 heures 30 le lundi 30 août, dans des conditions de circulation assez difficiles. La température ne s’est pas vraiment rafraîchie pendant la nuit et il faisait +24,9°c lorsque nous nous sommes levés. Il fait beau pour parcourir la Basilicata puis la Calabre où nous traversons de très belles stations au nord ouest avant de rencontrer des villages très pauvres et très sales au sud ouest. La route est étroite et il n’y a aucune possibilité de stationnement, je continue à rouler.  À 19 heures, dans un virage, je serre trop à droite et je frotte le camping car contre l’arrête du parapet. La nuit commence à tomber et il n’y a toujours pas de possibilité d’arrêt, les villages se succèdent et nous enchaînons les ruelles étroites et encombrées de véhicules garés n’importe comment.  Le trajet sur la SS13 devient de plus en plus difficile et éprouvant pour les nerfs au fur et à mesure que l’obscurité s’accroit. Ce n’est qu’à 20 heures 30 que je trouve un grand parking au bas d’une rue étroite et pentue qui s’enfonce dans la nuit la plus noire qui soit : Nous sommes arrivés à Reggio di Calabria. Nous avons fait 554 kilomètres, j’ai cabossé le camping car et perdu un feu de gabarit (j’en ai un de rechange, je le remplacerai le lendemain matin).

 

Il fait toujours chaud (+23,9°c au lever), mais il ne fait pas très beau. Le ciel est couvert quand nous prenons la direction de l’embarcadère pour Messine le mardi 31 août à 8 heures 30. Le trajet vers Villa San Giovanni par la SS13 est presque aussi difficile de jour qu’il l’a été de nuit dans le sens inverse : Les Calabrais ne se garent pas, ils se posent là où ils ont besoin de s’arrêter, transformant des rues déjà étroites en cauchemar pour un camping cariste. Nous sommes enfin en vue de l’embarcadère : D’après le GPS, il faut tourner à gauche pour le rejoindre. Je fais probablement une mauvaise présélection et me retrouve sur l’autoroute qu’il n’est pas possible de quitter avant d’avoir rejoint Reggio di Calabria. Retour donc à la case départ pour un deuxième essai qui ne sera transformé qu’à 10 heures 30. Encore la SS13, puis un bout d’autoroute qui nous ramène à l’endroit précis où je me suis égaré une heure avant. Négligeant les « conseils » du GPS, je me dirige « à vue » et trouve enfin l’embarcadère. Il s’est mis à pleuvoir quand je vais chercher les billets pour Messine. Un Calabrais qui baragouine trois mots de français se propose pour m’aider dans mes démarches, je n’ai nul besoin de lui, mais je ne peux pas m’en débarrasser : Il va m’obtenir une réduction et m’éviter de faire des erreurs, prétend-t-il. Il commande lui-même le billet aller-retour et m’invite à payer la taxe écologique de 1,5 €, m’assurant que, grâce à lui, j’ai évité une amende de 71 € puis réclame son pourboire qu’il estime à 5 €. Je comprends l’italien : Il ne m’a rien évité du tout, je n’ai eu aucune réduction… J’ai payé la taxe mafia ? Nous embarquons et le Ferry démarre presque aussitôt. La pluie a cessé et un rayon de soleil perce la grisaille pour saluer notre arrivée en Sicile. À Messine, nous ne parvenons pas à stationner au centre ville que nous visitons en camping car (selon le guide vert, il n’y a pas grand chose à voir). Le soleil a chassé les nuages quand nous prenons la route de la côte vers Milazzo. (Nous avons décidé de faire le tour de l’île dans le sens inverse des aiguilles d’une montre afin d’avoir toujours la mer à notre droite).Repas de midi en bord de mer, supermarché à Milazzo, puis étape sur la route de Capo Milazzo. Etape-a-Milazzo.jpgLe stationnement en ce lieu est indiqué par des sites internet comme « toléré pour les camping cars », mais un arrêté municipal stipule sur place que le camping sauvage est interdit sur tout le territoire de la commune. Le stationnement n’est pas « camping », nous sommes en fin de saison, la loi interdit la discrimination au niveau du stationnement, l’autocaravane (ou camping car) est assimilée à une voiture, les Siciliens ne semblent pas vraiment obsédés par le respect scrupuleux de la loi, un camping car est déjà en place, le lieu est quasiment désert, nous ne gênons personne… Il est 17 heures 30, nous restons.

 

Nous partons vers Céfalu à 8 heures 30 le mercredi 1er septembre. Il fait très beau et chaud. Sur les conseils du guide vert nous avons pris la route de la côte qui passe par Capo d’Orlando. La route est très belle, la côte est magnifique, mais, brusquement, alors qu’aucune indication antérieure ne le laissait prévoir, nous nous trouvons devant un portail ( !!!) qui ferme la route. Une déviation est indiquée, mais la route est interdite aux caravanes, aux camionnettes et aux camping cars. Cela se comprend, elle est totalement impraticable pour un véhicule un peu lourd. Nous faisons donc demi-tour et prenons l’autoroute pour contourner la difficulté. Au péage de sortie, je tends mon ticket et ma carte bancaire au préposé qui prend le ticket mais refuse la carte di credito. Je pense qu'il veut du liquide et cherche la monnaie pour régler le péage. Ce n’est que lorsque je lui tends le montant indiqué par la cabine qu’il me dit qu’il n’a pas pris la carte parce que le passage est libre. La voiture qui nous précédait a payé : J’en conclus que le passage doit être gratuit pour les véhicules qui, ne pouvant pas utiliser la déviation, sont obligés de prendre l’autoroute, mais rien n’était indiqué nulle part, ni sur la route, ni sur l’autoroute. Nous poursuivons notre chemin jusqu’à Patti où nous cherchons la Villa Romana di Patti découverte à l’occasion du chantier de l’autoroute. À l’entrée de la rue où nous a conduit le GPS, elle est indiquée comme étant devant nous, à la sortie de la rue elle est indiquée comme étant derrière nous… et nous ne l’avons pas vue. Je me stationne donc, à l’entrée de la rue, sur le parking d’un petit supermarché et nous partons à pied vers le pont de l’autoroute pour prendre une petite rue à droite où nous pensons que doit se cacher la Villa Romana. Au bout de la petite rue, pas de Villa, mais des ouvriers en train de réparer une barque de pêche. Je leur demande où se trouve la Villa Romana et, après m’avoir fait préciser de quelle Villa il s’agit (ristorante Villa Romana per mangiare o Villa Romana per guardare ?), ils m’indique où elle est : juste en face du petit supermarché où nous sommes garés. C’est bien décevant : quelques vieilles pierres sous des toits de tôle ondulée. Nous reprenons la route pour aller manger en bord de plage et, avant le repas de midi, nous prenons notre premier bain dans la mare tirreno. L’arrivée sur Céfalu est très belle, la baie est magnifique, la plage superbe. Nous stationnons sur un parking payant privé et partons visiter la ville parce que j’ai envie d’un gelato. C’est dans une ruelle que nous trouvons la gelateria artigianale qu’il me faut. Les gelati y sont servis avec une générosité qui n’a d’égale que l’amabilité de la serveuse et nous nous régalons avant de reprendre notre visite. La cathédrale est intéressante : On vient d’y célébrer un mariage et, à voir les La-plage-de-Cefalu.jpgvoitures, les hommes, les chauffeurs… la mafia doit participer à la fête.

 

 Le jeudi 2 septembre, le temps est triste et le ciel couvert lorsque nous partons pour Palerme par la route afin de trouver un supermarché avant de rejoindre notre destination du jour par l’autoroute. Nous trouverons le supermarché à l’entrée de Palerme et prendrons notre repas de midi sur le parking du dit supermarché ! Les courses faites et les provisions stockées nous partons à la recherche de l’aire aménagée réservée aux camping caristes désireux de visiter la ville. Le GPS a l’adresse précise et nous guide jusqu’à une barrière de travaux qui nous oblige à nous dérouter. Inconvénient du guidage par satellite, la machine ne veut rien savoir et nous ramène constamment au même endroit jusqu’à ce que je me décide à sortir de la ville et à redemander mon chemin au GPS depuis un autre point. Les travaux ne sont plus sur le trajet envisagé par le GPS, la machine nous guide sans faillir jusqu’à une area attrezzata triste et moche, mais en plein centro storico. Le ciel est gris et il tombe quelques gouttes, nous partons tout de même pour deux heures et quart de visite et une première découverte de la ville qui nous déçoit beaucoup au premier abord, quoique certains monuments soient très beaux (notamment la cathédrale), car tout est très sale et très mal entretenu et de nombreux lieux recommandés par les guides sont tout à fait inintéressants (San Giovanni degli eremiti entre autres). La ville est lépreuse et pas du tout accueillante. La première impression n’est pas très bonne.

 

Cathedrale-de-Palerme.jpgIl fait déjà chaud quand nous nous levons le vendredi 3 septembre (+26,3°c), mais il pleut. Nous allons pourtant à la découverte de la ville, découverte régulièrement interrompue par de violentes averses. Le Palazzo dei Normanni est beau, nous ne visiterons pas l’intérieur qui est interdit aux chiens puisque petit Platon nous accompagne. Nous nous arrêtons un moment devant le Palazzo Asmundo à quelques pas de la Porta nuova car un étrange ballet de carabinieri a attiré notre attention. Il s’agit sans doute d’une visite d’inspection de la caserne : Nous voyons arriver une quantité impressionnante de gradés. Poursuite de notre visite par un retour à la cathédrale admirée la veille avant de rejoindre les quattro canti et la fontaine de la piazza Pretoria. Sur la Piazza Bellini, nous repérons une pizzeria fort sympathique, mais il est encore trop tôt pour faire la pause déjeuner que j’ai prévue en bord de mer au delà de la porta Felice à côté du port. Nouvelle déception lorsque nous arrivons en bord de mer : Il n’y a aucune promenade, aucun restaurant, aucun bar pour prendre quelques instants de repos. Nous rejoignons le centre historique par la via Cavour jusqu’au Teatro Massimo où nous essuyons une violente averse nous obligeant à nous réfugier sous l’auvent d’une pizzeria qui, manifestement, ne sert que du surgelé. Nous mangerons à la Pizzeria Bellini repérée le matin. Pizza aux asperges accompagné d’un vin de Sicile servi volontairement tiède : C’est surprenant, mais très agréable.

 

 Il ne pleut plus le samedi 4 septembre et il fait très beau si la température a un peu fraichit (+21,1°c). Nous faisons les courses avant de partir pour Monreale. Le village est très beau, l’intérieur de la cathédrale est superbe. On y célèbre un mariage, mais l’accès demeure étrangement permis aux touristes. À midi, nous mangeons en bord de mer à Mondello puis cherchons un stationnement pour la nuit. J’emprunte plusieurs petites routes sans rien trouver, mais à l’occasion d’une manœuvre rendue nécessaire par la soudaine étroitesse du chemin je brise la vitre (en plastique) du feu rouge arrière droit. Nous ferons étape à Acalmo sur un immense parking privé où nous ne sommes que deux camping cars. Quand je dis à la propriétaire que nous ne resterons pas jusqu’au lendemain soir et que nous partirons dès le matin, elle nous diminue le prix de parking de 5 €. Un épais rideau de figuiers de barbarie nous sépare de la mer, mais nous avons une très jolie vue sur la « montagnette » environnante et la promenade du front de mer est agréable.

 

Segeste.jpgIl fait très beau lorsque nous arrivons à Segeste le dimanche 5 septembre. Le site vient d’ouvrir, mais il y a déjà du monde pour admirer le temple qui est tout à fait magnifique dans un cadre exceptionnel. Par contre, nous ne pourrons pas aller voir le théâtre grec. Il est à trois kilomètres de là. On ne peut y accéder qu’en bus. Les bus n’acceptent pas les chiens. Il n’y a pas un poil d’ombre pour le camping car. Nous ne pouvons pas laisser petit Platon dans un véhicule surchauffé pendant une visite censée durer deux heures. Nous reprenons donc la route en direction d’Erice, nid d’aigle médiéval disent les guides. La route offre des vues splendides sur la côte, nous trouvons facilement à stationner et partons à pied visiter le village. C’est très beau autant par la vue sur la vallée que par les bâtiments.  L’après midi Trapani et la route du sel. La chaussée est complètement défoncée et la voie est étroite mais elle offre de jolies vues sur la côte puis sur l’île de Mozia avant de mener à Marsala où nous arrivons à 17 heures. Petite promenade à pied sur le front de mer puis installation en « camping sauvage » au bord de l’eau.

 

 Nous sommes à Marsala, il faut acheter du vin de Marsala. Hier, nous avons lu attentivement toutes les indications données par le guide vert sur les crus, les âges, les négociants. Aujourd’hui, lundi 6 septembre, nous sommes prêts à « passer à l’acte ». C’est en bord de mer, sur notre route, que nous trouvons le marchand de vin qui nous agrée et chez lequel nous faisons nos achats de vin millésimé avant de partir en quête d’un supermarché pour des nourritures moins nobles, mais tout aussi nécessaires. Echaudés par l’aventure d’avant Palerme (80 kilomètres avant de trouver un supermarché), nous nous arrêtons au premier que nous trouvons. Il n’est pas très bien achalandé, mais nous pouvons y acheter l’essentiel… et dix kilomètres plus loin nous terminons nos courses dans un hypermarché magnifique où l’on a envie de tout acheter tant c’est bien présenté, appétissant et varié. À midi, nous sommes à Mazara del Valo et mangeons sur le port avant d’aller visiter Selinunte. C’est notre deuxième arrêt « temples grecs », mais nous ne sommes pas blasés pour autant. Les templi orientali sont magnifiques. Il y a un guide italien avec un groupe 3ème âge, il est très intéressant et je glane au passage quelques renseignements sur le site (que l’on ne trouve pas dans le guide vert). À l’acropole, nous découvrons dans un coin, qui n’est même pas signalé particulièrement, une baignoire sabot d’époque en pierre et tuiles que, malheureusement, je n’ai pas le réflexe de photographier.  Ensuite, nous partons à la recherche d’un camping en bord de mer. Cela fait dix jours que l’on roule, j’ai envie d‘un arrêt plage. Notre recherche infructueuse nous oblige à aller dormir sur un port. À Sciacca, un petit port de pêche semble accueillant, mais j’ai peur que l’on gêne et nous allons nous poser sur l’immense parking du port marchand faute de mieux (quoique ce soit cependant très joli avec une vue magnifique sur la ville).

  Le mardi 7 septembre, il fait très beau quand nous quittons le port pour aller photographier des escaliers repérés la Scala-dei-Turchi.jpgveille et qui « copient » ceux de Santa Maria del Monte à Caltagirone (les contre marches sont entièrement recouvertes de céramique), puis je reprends ma quête des plages. C’est d’abord Eraclea Minoa que nous trouvons cachée derrière une pinède triste au bout de ruelles étroites. La plage elle-même est assez jolie, mais il n’y a pas de camping facile d’accès pour un camping car dans la mesure où les rues étroites se coupent à angle droit. Nous arrivons ensuite à la Scala dei Turchi, très belle plage sur le plan esthétique, mais pas du tout adaptée à mes projets de bains de mer. Après le repas de midi, la route de la côte nous amène jusqu’à Porto Empédocle, cité du père de la démocratie sicilienne (ce n’est d’ailleurs que pour cette raison que j’ai tenu à passer par là). La plage est belle, mais il n’y a pas de camping en bord de mer : Nous poursuivons donc notre route jusqu’à Agrigento que nous traversons sans nous y arrêter (la visite est prévue pour plus tard). La vue sur les temples alignés en sommet de colline est très belle mais nous continuons notre route jusqu’à San Leone où je trouve enfin le camping que je cherche depuis deux jours : Accès direct à la plage et emplacement ombragé. Dès l’installation terminée (il faut mettre en pace un étendage pour faire une lessive), nous allons sur la plage où je me contente de « sauter les vagues » sans pouvoir nager car la mare mediteraneo se prend pour l’océan.

 

 Journée de farniente au camping Nettuno le mercredi 8 septembre. Promenade sur la plage et « saut des vagues » le matin. Sieste après le repas de midi, puis retour à la plage.

 

 Après avoir fait les vidanges et les pleins, nous quittons le camping à 9 heures 30 le jeudi 9 septembre pour aller faire un petit supermarché avant de rejoindre le parking du site archéologique d’Agrigento : La Valle dei Templi. Il fait assez beau, mais le ciel est par moments voilé. Le site, au départ, nous déçoit un peu : Très impressionnant de loin, il l’est beaucoup moins de près. Cependant, la visite en vaut la peine et nous parcourons le site du Tempio di Castore e Polluce (Tempio dei Dioscuri) jusqu’au Tempio di Hera Lacinia en passant par le Tempio di Eracle, la Nécropole paléochrétienne et le Tempio della Concordia. Nous prenons ensuite la direction de Porto Empedocle où nous avons repéré un parking en bord de mer qui nous semble pouvoir faire une parfaite étape. Le lieu est agréable, mais un homme en vesAgrigente---Valle-dei-tempii.jpgpa vient à deux reprises tourner près du CC et Monique trouve qu’il nous regarde d’un air bizarre. Elle prend peur et nous quittons les lieux après le repas de Platon pour aller nous garer sur un vaste parking bien éclairé à l’entrée de San Leone. Après un tout petit orage électrique, il se met à pleuvoir dans la soirée.

 

 Aucun mafioso en vespa n’étant venu troubler notre quiétude nocturne, nous quittons tranquillement le parking à 9 heures le vendredi 10 septembre. Il fait très beau et nous montons à Favara pour admirer la vue avant de rejoindre Montechiarro. Le village est indiqué comme intéressant par le guide vert, mais les rues sont très étroites et nous ne parvenons pas à stationner. J’entreprends donc de faire demi tour, mais les sens interdits m’amènent de ruelle étroite en ruelle étroite jusqu’à un cul de sac à l’étroitesse angoissante. Heureusement, un autochtone en triporteur (comme on n’en voit qu’en Italie) vient nous demander si nous cherchons la route d’Agrigento. Je lui réponds que oui, il me fait manœuvrer et m’indique les ruelles à enchaîner pour retrouver la grand’ route. Les ruelles à enchaîner sont non seulement étroites mais encore terriblement pentues. Cependant, nous parvenons à surmonter la difficulté et nous retrouvons sur la grand’ route que je quitte très vite pour partir en direction de Mazzarino où je compte que nous mangerons avant de rejoindre Piazza Amerina. Les nécessités d’intendance contrarient ce projet : Il nous faut partir en quête d’un supermarché. Nous choisissons de faire le détour par Gela sans pour autant trouver de supermarché. Arrivés à Piazza Amerina, nous prenons la direction de la Villa Romana del Casale que nous visitons. La Villa Romana est absolument superbe, mais la visite est très frustrante car nous ne sommes autorisés à voir qu’une toute partie du site et ne pouvons pas admirer toutes les mosaïques. Lorsque nous sommes arrivés sur le parking un « gardien » nous a demandé de  payer 1 €. Lorsque nous revenons au camping car, il nous dit que, pour ce prix, nous pouvons coucher sur place et dormir tranquilles. La proposition serait séduisante si nous avions de quoi manger dans le réfrigérateur, mais n’ayant pas trouvé de supermarché nous n’avons plus rien et le seul restaurant du site est fermé. Nous retournons donc à Piazza Amerina où nous trouvons à nous stationner en plein centre ville tout à côté d’une pizzeria qui nous semble fort sympathique. Nous « nous faisons beaux » (les Italiens ne manquent jamais de s’habiller Villa-Romana-del-Casale.jpgpour sortir, nous ne voulons pas déparer) et rejoignons la pizzeria repérée. Bien sûr, Platon nous accompagne, il n’est pas question d’aller au restaurant sans lui. Ce n’est pas du goût du propriétaire, il ne veut pas de chien.

 -    No cane, no cane perche chi sono bambini.

-       No cane ? No clienti ! Arrivederci ! 

-       Ma e possibile fuori.

-       Non, arrivederci !

-       Il nous a traité d’enfoirés ? demande Monique

-       Non, il a simplement dit (« fuori ») que l’on pouvait manger dehors.

 

Il ne fait pas assez chaud pour manger dehors, nous partons à la recherche d’un autre restaurant. Lors de notre visite de la ville j’ai repéré une pizzeria qui affiche en devanture qu’elle est recommandée par « Le Routard », nous y allons. Par prudence, je me renseigne avant en demandant si nous pouvons entrer avec un petit chien. Oui, aucun problème,  me répond le serveur. Nous ne regretterons pas l’autre restaurant : Nous mangeons très bien pour pas cher du tout et le vin recommandé par le serveur est délicieux.

 

 Samedi 11 septembre. Sur le parking du centre ville, nous sommes trois camping cars : Deux italiens et nous. Un des Scala-de-Santa-Maria-del-Monte.jpgdeux Italiens profite d’une de mes sorties pour venir discuter un peu. Il habite Rimini, il est né en Suisse (à Lausanne), il connaît un peu la France et parle un peu le français. Nous parlons ensemble, lui s’exprime en français et moi en italien (et quelquefois on change, chacun parlant dans sa langue). Il tient absolument à m’expliquer que la Sicile, ce n’est pas l’Italie et que les Siciliens ne sont pas des Italiens (comme les Corses ne sont pas des Français, prétend-t-il). Il me fait d’ailleurs remarquer qu’en Sicile, c’est aussi sale qu’à Naples (pour un Italien du Nord, Naples ce n’est déjà plus l’Italie). Ensuite, c’est le second camping cariste qui vient nous voir. Il souhaite visiter la ville et nous demande si nous restons sur le parking. Il est très déçu quand je lui réponds que non car il aurait bien aimé que nous puissions surveiller son véhicule pendant son absence. (C’est, lui aussi, un Italien du Nord et il a plus confiance en la solidarité internationale camping cariste qu’en ses compatriotes siciliens). Cet épisode de convivialité nomade terminé, nous allons faire nos courses à pied dans une petite superette du centre ville avant de reprendre la route à 11 heures pour nous rendre à Caltagirone, capitale de la céramique, que nous visitons après le repas de midi. La Scala de Santa Maria del Monte est magnifique : 140 marches et toutes les contre marches couvertes de carreaux de céramique. Des artisans font de très belles choses (et non pas simplement de la production pour touristes). Nous prenons ensuite la direction de Ragusa, la cité médiévale est, d’après le guide vert, digne du voyage. Après un parcours non balisé dans la Ragusa moderne dont les avenues se terminent en ruelles comme si souvent en Sicile, nous trouvons la cité médiévale et l’aire de camping car. La cité est très décevante et l’aire de camping car minuscule est saturée, nous partons vers la mer et trouvons à Marina di Ragusa une area attrezzata tout à fait agréable. Il y a une grande fête le soir sur la plage. (C’est ce qui explique qu’il y ait tant de camping cars stationnés sur la place). Le responsable de l’aire me donne tous les renseignements nécessaires et le code du portail si nous rentrons après minuit, mais nous resterons sagement sur notre emplacement loin du bruit de la fête.

 

Nous nous sommes bien reposés et ne partons qu’à 10 heures le dimanche 12 septembre pour rejoindre Noto via Ispica (qui ne présente pas grand intérêt). Repas de midi pris dans le CC, nous partons visiter la ville. Le centre historique n’est absolument pas indiqué et nous tournons dans des rues qui ne sont pas laides, mais ne présentent pas d’intérêt majeur. Nous serions prêts à renoncer quand je me décide à demander à une autochtone sur le pas de sa porte où se trouve la Piazza Municipio. Elle ne se sent pas de m’expliquer, mais elle va appeler sa fille. La fille vient donc et je goûte le plaisir de comprendre la langue lorsque l’on est à l’étranger : Les explications sont claires et nous trouvons le centro storico. C’est très beau. Nous ne regrettons pas d’avoir insisté et après avoir bien goûté des plaisirs esthétiques de la contemplation, nous nous offrons les plaisirs sensitifs de gelati alla nuciella en plein cœur du centre historique. Retour au camping car pour faire route vers Siracusa que nous atteignons assez tôt pour faire une petite visite de l’île d’Ortegia avant de Syracuse---Ortegia.jpgrejoindre, pour la nuit, l’area attrezzata Von Platen.

 

Le lundi 13 septembre, nous quittons à pied l’aire de stationnement pour nous rendre sur la zone archéologique où nous admirons d’abord le Théâtre romain en regrettant qu’il ne soit pas mieux entretenu, puis l’oreille de Denys, cette immense cavité en forme d’oreille qui, selon la légende, permettait à Denys l’ancien d’écouter les propos que tenaient les opposants politiques emprisonnés dans les latomies situées juste au-dessus et enfin le théâtre grec et les latomies (transformées en cellules d’après Syracuse---Le-theatre-grec.jpgCiceron). Je ne peux pas m’empêcher de penser que Platon (le philosophe, pas notre petit chien) a peut-être été enfermé là lors de son premier séjour à Syracuse, lorsqu’il est tombé en disgrâce sous Denys l’ancien, qu’il y a peut-être fait un deuxième séjour sous Denys II. S’il avait possibilité de regarder à l’extérieur, il avait une jolie vue. À 11 heures, nous avons rejoint le camping car. Lors de notre pré-visite de la veille à Ortegia, nous avons prévu d’aller manger dans un restaurant du bord de l’eau qui a une vue magnifique et c’est ce que nous faisons avant une visite approfondie de l’île dont nous faisons le tour complet. Le retour au CC est un peu difficile car nous sommes fort fatigués et prenons un peu de repos avant d’aller à la recherche d’un camping de bord de mer que nous trouverons à Fontane Bianche, une area attrezzata de rêve qui n’a pour seul défaut que d’être éloignée de tout (mais nous avons des provisions au réfrigérateur). Le soir, alors que nous venons de finir de manger sous l’auvent, le propriétaire du camp vient nous apporter des poivrons confits à la Syracuse---Oreille-de-Denys.jpgsicilienne en cadeau de bienvenue.

 

 À 10 heures et demie, le mardi 14 septembre, je vais me baigner dans la petite crique attenante au camp. La mer est calme. L’après-midi, il y a beaucoup de vent et quoique l’eau soit calme dans la crique, je renonce à me baigner et, après une petite sieste réparatrice, nous partons nous promener à pied vers le hameau le plus proche.

 

Le mercredi 15 septembre nous prenons la direction de Catania où nous ne parvenons pas à stationner. Ce n’est pas bien grave parce que la ville n’a rien de terrible. Il ne fait pas très beau lorsque nous commençons à grimper le versant sud de l’Etna, mais au fur et à mesure que nous nous élevons, Etna - Cratères Silvestrile temps s’améliore et c’est un grand beau temps qui nous attend au bout de la route à 1986 mètres d’altitude. Le Vésuve nous avait impressionnés, que dire de l’Etna ? C’est grandiose et tellement plus grand ! La route s’élève au milieu des coulées de lave de 1971 et de 2001 jusqu’au refuge Sapienza où un grand parking nous permet de jouir pleinement du spectacle. Nous redescendons au niveau de la mer par une autre route, moins impressionnante que celle de la montée et partons en quête d’un lieu pour nous arrêter. La quête est longue et difficile, les aires de camping car ne sont pas signalées, les adresses que j’ai ne sont pas assez précises pour le GPS : Impossible de stationner où je l’avais prévu, à Acireale. Nous finirons par nous arrêter à Giardina Naxos sur le parking de la gare où un écriteau précise : « Divieto sosta camper » (stationnement interdit aux camping cars). Tant pis, ce soir j’ai décidé que je ne comprenais pas l’italien.

 

 Nous avons tellement aimé le versant sud de l’Etna que le jeudi 16 septembre nous décidons de remonter sur l’Etna parEtna---versant-nord.jpg le versant nord cette fois. C’est moins grandiose, mais c’est tout aussi impressionnant parce que les travaux de reconstruction des infrastructures qui sont terminés côté sud sont en train, côté nord et la coulée de 2001 semble de ce côté beaucoup plus récente : Les arbres brûlés par le souffle de l’éruption sont encore prisonniers de la lave refroidie. Il nous reste à rejoindre Taormina, dernière ville à voir de notre programme sicilien. Je n’y avait pas fait attention en préparant le voyage, c’est un nid d’aigle perché au bout d’une route fort difficile et j’ai beaucoup de mal à glisser le camping car dans une place de stationnement qui vient de se libérer. On ne dirait pas que nous sommes à la mi-septembre : La foule qui encombre les ruelles de la ville est digne d’un mois d’août. Nous n’y restons pas longtemps : Je ne suis pas sûr d’avoir le droit de stationner là où je me suis garé et j’appréhende la route pour redescendre. À 17 heures nous sommes installés au camping de Sant’Alesio Siculo en bord de plage et nous allons nous baigner dans la mare ionio.

 

L’ « aventure sicilienne » est terminée et le vendredi 17 septembre nous prenons à Messine le Ferry pour Villa San Giovanni. Nous sommes de retour en Calabre où je tiens à aller voir Crotone (pour Milon et Gorgias). Imposible d’y trouver les aires aménagées et nous couchons à Capo Rizutto  sur une aire pique nique.

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