Découverte du Maroc en camping-car avec A3C

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Les camping-cars au départ et le trajetLes camping-cars au départ et le trajet

Les camping-cars au départ et le trajet

Pour visiter le Maroc (que nous ne connaissions pas du tout) nous sommes partis avec un club de camping-caristes qui proposait un voyage découverte guidé par un accompagnateur connaissant très bien le pays. Cela nous a permis de voir des choses que nous n’aurions jamais vues si nous étions partis seuls et de découvrir un très beau pays habité par des gens très sympathiques et très accueillants.

Vendredi 6 mars : Après une étape en France et deux étapes en Espagne pour parcourir les 1884 km qui séparent Cranves-Sales du point de départ de notre voyage avec l’Atlantique Camping Car Club (A3C) nous arrivons à Algéciras, sur le parking du rassemblement. Prise de contact avec l’accompagnateur (Jean-Pierre). À 16h00, réunion de préparation au départ. Globalement les participants sont sympathiques (tous des « vieux » de notre âge, bien sûr). À 20h00, départ pour le port d’embarquement en convoi guidé par un responsable de la compagnie de Ferry. Quasiment impossible de fermer l’œil de toute la nuit vu le bruit incessant des embarquements.

Samedi 7 mars : Algéciras – Chefchaouen (153 km). Embarquement à 8h00 pour une heure et quart de traversée. Questions surprenantes au contrôle douanier : « Est-ce que vous avez des armes de chasse ? – Non – Des ouvrages catholiques ? – Non ». Ouvrages catholiques considérés comme aussi dangereux que des armes de chasse… On ne s’y attendait pas ! Après les formalités, nous faisons route vers Tétouan en mini convoi de 4 camping-cars… Très vite, je prends, involontairement, une autre route : Peu importe, nous avons l’adresse GPS du parking où nous avons rendez-vous. Le problème, c’est que le parking en question est en travaux et inaccessible… comme nous l’avait dit un guide en mobylette qui nous avait pris en charge et nous avait suivi quoique je ne veuille pas déroger au programme et suivre ses conseils. Arrivés au dit parking, nous sommes en plein marché. « Qu’est-ce que tu fais maintenant ? » me demande le GPS mobylette. « Je te suis » dis-je résigné. À un feu rouge, il me demande si je ne suis pas marocain (« avec la djellaba et les babouches, tu es un marocain qui a épousé une française »). Il nous a sorti du marché et guidé jusqu’à un parking de fortune où nous retrouvons les membres de notre groupe qui, eux aussi, avaient été guidés par un « volontaire en mobylette ». Je donne 20 dh (2 €) à notre guide et lui signifie que notre collaboration est terminée… mais il ne l’entend pas de cette oreille. Il trouve que je l’ai bien payé et nous propose de nous emmener « gratuitement » jusqu’à un bon restaurant. Nous acceptons et nous voilà partis dans les petites ruelles de la médina (vieille ville arabo-musulmane). Le restaurant est sensationnel, le décor est magnifique et, pour 100 dh par personne (10 €), nous faisons un excellent repas : Soupe, brochettes, couscous, mandarines, thé à la menthe, biscuits… avec un orchestre et un danseur. Route ensuite vers le supermarché Marjane où nous faisons du change avant de prendre la direction de Chefchaouen. Très beaux paysages jusqu’au camping municipal « Alizan » au dessus du village.

Dimanche 8 mars : Journée à Chefchaouen. Nous prenons un taxi pour rejoindre la médina de Chefchaouen et nous visitons la « ville bleue » en compagnie de Jean-Pierre, Dany, les deux Jacqueline et Liliane. Jus d’orange tous ensemble sur la place de la Kasba (7 dh par personne) puis retour au camping en taxi (40 dh pour l’aller et retour). Notre chauffeur est presque un sosie de Djamel Debouze ! À midi, apéritif de tout le groupe (les 26 participants) puis repas de début de voyage : Un deuxième couscous, très bon et différent de celui de la veille. Petite sieste digestive avant une promenade à pied dans les environs du camp.

Lundi 9 mars : Chefchaouen – Moulay-Idris (190 km). Route sans encombre pour rejoindre Moulay-Idris. Repas de « midi » à l’arrivée au camping « Zerhoun-Bellevue » à 14h30. Le camp est en pleine campagne, nous prenons le bus transport en commun à 16h45 (5 dh par personne pour 9 km) pour aller visiter la ville sainte de Moulay-Idris avec les deux Jacqueline, Dany, Liliane et Guy. Sur la place, un guide s’impose à nous, impossible de le semer. Nous allons voir le mausolée de Moulay-Idris où les non-musulmans n’ont pas le droit d’entrer puis le minaret rond (il n’y a que cinq minarets ronds dans le monde et ce sont eux qui portent le monde). Ensuite nous allons sur La Terrasse afin de prendre en photo le coucher de soleil sur la ville (un incontournable de tout voyage au Maroc). Notre guide nous conduit enfin vers la piscine ronde qui date de l’époque romaine et que nous voyons de loin et assez mal,  vu que la nuit est tombée. Retour au camp par un bus aussi vétuste et brinquebalant que celui de l’aller.

Mardi 10 mars : Journée à Meknes. Un bus vient nous chercher pour nous emmener en ville. Il n’est pas aussi vieux que le transport interurbain de la veille, mais il ne vaut guère mieux (pour les démarrages en côte, un assistant du chauffeur se précipite dehors pour mettre une cale sous les roues). C’est un guide officiel qui nous prend en charge cette fois pour nous faire visiter la ville en commençant par les greniers de Moulay Ismail et les écuries attenantes. Il nous explique que 80% des marocains sont berbères (et non pas arabes) et que la langue arabe ne sert que pour la religion. La langue courante c’est le berbère qui s’écrivait de haut en bas jusqu’à 2012. Depuis, le berbère est enseigné à l’école et s’écrit de gauche à droite (les caractères berbères ressemblent un peu à ceux de l’alphabet cyrillique). La langue commerciale, c’est le français. Place du Palais royal nous attendons un moment que les savoyards Jeanine et Robert nous rejoignent (ils ont dû aller au garage pour leur camping-car) puis nous allons visiter une mosquée. Je reste dehors avec Platon et deux autres maîtres de chien pendant que Monique visite et prend des photos. À midi, restaurant en terrasse sur la grande place avant la visite de la médina et d’une mederza (école coranique). Le guide termine sa mission en nous faisant faire un tour dans les souks, puis nous pouvons nous promener un moment tranquillement et nous allons boire un jus d’orange sur la place. Le bus qui nous ramène au camp a un mal fou pour repartir : C’est en pente, il y a une grosse pierre mise par « l’assistant » pour empêcher le bus de reculer et l’embrayage patine dans des ronflements furieux du moteur et des grincements sinistres de la boite de vitesse. Il arrivera quand même à partir. Corvée d’eau pour que Monique puisse faire son shampoing dans le CC, apéritif de tout le groupe (offert par les savoyards) puis repas au restaurant du camp : Soupe, tajine kefta (boulettes), pâtisserie. C’est bon, mais le service est très long et nous ne sommes de retour au camping-car qu’à 23h00 !

 Mercredi 11 mars : Meknes – Volubilis – Fez (101 km). Départ à 8h30 pour aller voir les ruines romaines de Volubilis. En chemin, nous achetons des petits pois à des paysans sur le bord de la route. Le guide qui nous prend en charge à Volubilis est très performant et la visite du site est très agréable. Repas de midi sur le parking du supermarché Marjane de Fez, courses et change avant de rejoindre le camping international de Fez : Il est immense et vide, on nous installe à côté du seul bloc sanitaire qui a été nettoyé et nous écossons en commun les petits pois achetés le matin (nous en aurons pour trois fois). Briefing à 18h00 avec Ali, le guide qui doit nous piloter en ville le lendemain, thé à la menthe puis repas dans le CC.

Jeudi 12 mars : Visite de Fez. Cette fois, le bus qui vient nous prendre est tout neuf. Nous commençons par un petit déjeuner au Carlton : Pour chaque couple un p.p.d.m. marocain avec galettes et miel et un p.p.d.m. français avec viennoiseries. Nous allons ensuite place du Palais royal avant d’aller visiter le Mellah (quartier juif). Ali nous emmène dans un immeuble « quart-monde » par demi groupe : Les Gazelles (les femmes) d’abord les Gazous (les hommes) ensuite. Après les jardins du Palais royal, nous passons par la « porte bleue » (qui est bleue d’un côté et verte de l’autre) et rejoignons les souks nourriture avant de monter sur les hauteurs pour voir un panorama de la médina (350 mosquées, 9400 ruelles et 600,000 habitants). Nous terminons la matinée par la visite de l’atelier d’un maître potier qui est aussi un centre d’apprentissage. Nous apprenons qu’il y a deux sortes de tajine : les tajines en argile rouge (que l’on trouve partout pour 50 à 80 dh) qui ne supportent pas la flamme et que l’on ne peut utiliser qu’au four ou, comme les marocains, au-dessus des braises et les tajines en argile grise (dix fois plus chères et décorées de motifs traditionnels dans le fameux « bleu de Fez ») que l’on peut mettre sur la flamme. Nous en achetons deux en argile grise. À midi, restaurant traditionnel avec un très bon repas (même si je ne l’ai pas apprécié) : Salades, Pastilla (le plat de luxe des marocains que je n’ai pas aimé parce que trop sucré) et flan. Ali nous a ensuite emmené dans une tannerie artisanale (qui fait aussi centre d’apprentissage) et nous avons été tenté par une veste de cuir pour Monique, mais si la forme était très belle, la veste ne lui allait bien qu’en noir (elle en a déjà une) et pas du tout en marron-fauve comme elle en avait envie. Nous n’avons donc rien acheté au grand dam d’Ali qui, manifestement, devait avoir une commission sur les ventes réalisées… comme nous l’avons constaté dans l’herboristerie où il nous a conduit et où nous avons eu le tort d’acheter des crèmes à l’huile d’argan et du cumin au citron que l’herboriste/voleur nous a facturé deux fois plus cher qu’annoncé en nous donnant 50 g. de produit au lieu des 100 g. promis. Dernière étape de la journée dans un magasin d’étoffe avant de rentrer au camp où nous avons pris l’apéritif tous ensemble.

Vendredi 13 mars : Fez – Ifrane - Azrou (77 km). Départ dans la brume et montée vers Ifrane (la plus grande université privée du Maroc), petite cité montagnarde à la française avec cigognes sur les toits. Nous visitons la ville et allons voir le lion (pas aussi impressionnant que celui de Belfort) avant de rejoindre, à Azrou, l’euro camping de grand luxe construit par un Emir passionné de camping-car (le sien est un 33 tonnes tous terrains avec ascenseur et marbre à l’intérieur, le gérant du camp nous a  montré les photos sur son smartphone). Repas de midi dans le CC, petite sieste puis départ dans la Toyota du gérant (avec Marie-Ange, Jean-Claude, Liliane et Jacqueline) vers le fameux cèdre Gouraud (un arbre de 800 ans, mort il y a deux ans) et les singes en liberté qui viennent quémander de la nourriture. Au retour, le gérant nous fait visiter l’hôtel de grand luxe du complexe touristique de l’Emir dont tous les bénéfices doivent servir à alimenter un orphelinat pour les enfants dépendants de la région contrôlée par l’Emir. C’est impressionnant ! Repas du soir dans le CC après un apéritif de tout le groupe offert par Angela et Jacky à l’occasion des 60 ans d’Angela à qui l’organisation offre une paire de babouches.

Samedi 14 mars : Azrou – Midelt (120 km). Départ à 8h45. Très belle route de montagne pour rejoindre Midelt. Nous faisons un arrêt dans la forêt Timahdite pour aller voir, à nouveau, des singes en liberté : Il s’agit de singes Magot qu’il ne faut pas nourrir pour qu’ils ne perdent pas l’habitude de chercher leur nourriture (de nombreuses pancartes mettent en garde les touristes). Un vendeur de souvenirs nous déconseille de sortir petit Platon : Le coin est plein de chiens sauvages qui défendent âprement  leur territoire. Après le col de Zad, nous nous arrêtons à nouveau pour acheter oranges, citrons et tomates puis rejoignons Zeida où nous faisons la pause de midi. Le village est réputé pour ses nombreux restaurants de bord de route et nous mangeons dans l’un d’entre eux : Une tagine de  légumes, trois côtes d’agneau, pain et eau minérale pour 50 dh par personne. Route ensuite jusqu’au camping municipal en plein centre ville à Midelt. Après l’installation, nous prenons un taxi pour aller au monastère trappiste de Notre Dame de l’Atlas où nous rencontrons le Père Jean-Pierre, seul survivant des deux rescapés du massacre de Tibhirine (l’autre est mort en 2008). Il nous raconte ce dont il se souvient : « J’étais portier. On était portier à tour de rôle, mais, la nuit, c’était toujours moi parce que j’avais ma chambre pas loin de la petite porte qui était toujours ouverte. Les gens venaient, ils frappaient à ma porte et ils me disaient ce qu’ils voulaient. S’il y avait besoin, j’ouvrais la grande porte. S’il y avait besoin du docteur, j’allais le chercher… Il devait être une heure la nuit, j’ai entendu des gens parler, ils devaient être deux ou quatre, mais personne n’est venu frapper : Cela m’a étonné. J’ai regardé par la porte vitrée et j’ai vu un homme habillé en militaire. Il a demandé : Qui est le chef ? Le chef c’était Christian, le père supérieur. La grande porte était ouverte. Je me suis dit : puisque c’est pas moi qui ai ouvert, c’est Christian qui a dû ouvrir. Les bruits de voix ont duré un quart d’heure, puis plus rien. Silence total. Avec le Père Amédée on est allé voir : Plus personne ! Dans le bureau de Christian, tout était renversé, dans les chambres aussi… Portier, je pensais que je serais le premier à prendre, mais ils étaient passés par le sous-sol et je n’ai rien entendu. C’est quand ils partaient que cela m’a réveillé. Je croyais qu’ils arrivaient, mais ils partaient. Quand ils en ont eu sept, ils sont partis. Ils croyaient que nous n’étions que sept, mais nous étions neuf. Un père parti en France voir sa maman venait de rentrer et le supérieur d’une petite communauté de Fez était venu nous rendre visite. Ils ont cru qu’il n’y avait plus personne et c’est comme ça qu’Amédée et moi n’avons pas été enlevés. Au rez-de-chaussée, il n’y avait que Christian, Amédée et moi et à l’étage les autres frères. À Tibhirine, il n’y a plus de monastère, mais il reste un père. Lui, son charisme c’est l’agriculture. Les gens commencent à venir se recueillir sur les lieux comme en pèlerinage. ». Après la visite d’un atelier artisanal de tissage et broderies, retour au camping (en taxi) sous une très grosse averse qui ne dure pas très longtemps. Nous pouvons repartir en ville à pied pour aller voir le marché couvert où j’achète 600 g. de côtelettes d’agneau pour 40 dh.

Dimanche 15 mars : Midelt – Mesky (152 km). Nous quittons Midelt à 9h00. La route est très belle. Repas de midi dans le CC au-dessus du lac de retenue du barrage Hassan Addakhil et nous arrivons au camping La Source Bleue de Mesky dans la palmeraie du Ziz à 15h00. Accueil berbère à 17h00 : Thé à la menthe et mini concert de percussions, une musique assez lancinante, de plus en plus rapide jusqu’à ce que les musiciens fassent danser le public. Apéritif du groupe offert par Christiane et Lin puis repas du soir dans le CC. Le téléphone ne passe pas, mais les SMS arrivent sans problème pour rassurer les enfants et Cricri.

Lundi 16 mars : Journée à Mesky. À 10h00, un guide vient nous chercher pour une promenade dans la palmeraie et dans le vieux Mesky abandonné depuis 70 ans. Selon lui, c’est parce que l’accès à l’école était trop difficile pour les enfants en période de pleine eau de la rivière que les habitants ont progressivement abandonné le village pour aller construire un peu plus bas dans la vallée. Nous photographions la maison du Marabout où les femmes viennent prier pour trouver un mari ou avoir des enfants. À midi nous sommes de retour au camp et mangeons (pour 50 dh par personne) notre première « pizza berbère » (une galette de pain sans levain fourrée de légumes et d’épices) : C’est très bon. Pour la troisième fois en 10 jours, un marocain me demande si je ne suis pas d’origine marocaine. Monique en profite pour interroger à ce sujet celui qui nous a servi la « pizza berbère » : « Mon mari a t-il l’air d’un marocain ? –  Quand je l’ai vu, je me suis dit : c’est peut-être un marocain » lui répond-t-il. Petite sieste réparatrice, petite lessive puis Monique va faire des courses en taxi avec notre guide et d’autres membres du groupe pendant que je reste à papoter avec ceux qui ont préféré flénarder au camp. Le soir, nous allons, tous ensemble, manger un couscous au restaurant chez Zaid (80 dh par personne). C’est bon et l’ambiance est très sympathique. Après le repas, nous passons au salon et nos hôtes nous offrent un concert de percussions berbères et un thé à la menthe.

Mardi 17 mars : Mesky – Erfoud – Rissani – Merzouga ( 120 km). Nous achetons des dates et de la confiture puis, à 9h00, prenons la direction de  Merzouga. Nous faisons un arrêt afin de faire des photos de la palmeraie et en profitons pour acheter des géodes puis faisons route jusqu’à Erfoud avant de rejoindre Rissani, ville du commerce de la pierre fossilisée et plus belle porte du Maroc. Jean-Pierre, qui conduit le groupe, ne s’arrête pas, nous si… mais nous n’arrivons pas à nous garer, faisons une visite succincte puis un détour par le mausolée de Moulay Ali Cherif avant de rejoindre un Jean-Pierre pas content du tout au camping des dunes de Merzouga. Au repas de midi dans le CC : Salade de tomates aux olives et mortadelle berbère Halal (pas bonne du tout). Au pot d’accueil du camping (thé à la menthe et cacahouètes), Jean-Pierre nous fait un caca nerveux sur la nécessité de rester groupés, puis nous allons faire une petite promenade à pied en bordure du désert.

Mercredi 18 mars : Journée en 4X4 dans le désert. Lever à 7h10, au moment où on nous livre le pain frais au camping-car. P.d.d.m. avec orange pressée et confiture de figue avant le départ en 4X4 pour une randonnée de 9h00 à 15h00 pendant que petit Platon « gardait la maison » (le CC était à l’ombre). Dès le départ, notre chauffeur (Barack), après nous avoir demandé nos prénoms, nous affuble de prénoms berbères. Monique devient Aïcha et moi Aziz. Première étape au bord d’un lac en plein désert, une oasis inattendue, puis nous rejoignons le village des Guinaouas (les anciens esclaves noirs). Ceux-ci nous accueillent avec thé à la menthe et cacahouètes et lors de leur concert, nous apprenons que les castagnettes métalliques qui rythment leur musique représentent les chaines qui les entravaient. Troisième étape : Cueillette de fossiles. Monique en trouve un et Barack lui en donne d’autres. La quatrième étape, c’est une  mine de plomb avant d’arriver au « restaurant nomade » où nous mangeons une pizza berbère sous la tente. Je photographie la cuisinière en train de préparer le repas dans un four de terre à même le sol. Nous nous arrêtons ensuite au bord d’un deuxième lac en plein désert qui est exploité touristiquement : Un hôtel de grand luxe occupe ses rives. Nous retournons au camp en passant par les lieux où le film Le petit Prince a été tourné. Le soir nous sommes invités à l’apéritif par Jacqueline et Dany et, en me rendant chez eux, je me casse la figure et m’étale de tout mon long en me « défonçant » les côtes avec mon coude. Nous allons ensuite manger tous les deux au restaurant du camp : Soupe, tajine kalia et orange pour 60 dh par personne.

Jeudi 19 mars : Journée de repos et chevauchée dromadaire. Après une nuit passée assis sur le fauteuil conducteur parce que mes côtes étaient trop douloureuses en position couchée, je prends livraison du pain frais à 7h00 puis je passe la matinée assis pendant que Monique fait ménage, lessive et petites courses. Soigné de l’intérieur par Lin (antidouleur et anti inflammatoire) et de l’extérieur par Jean-Pierre (huile de massage), je vais mieux à partir de 15h00. Je n’avais pas vraiment l’intention de participer à la chevauchée en dromadaire vu mes difficultés à écarter les jambes, mais après mon accident de la veille, il n’en est absolument pas question. Monique, par contre, prend le départ et à 17h15, alors qu’ils sont dans les dunes, ils essuient une petite tempête de sable. Retour au camp à 18h30, juste à temps pour aller prendre l’apéritif offert par Chantal et Daniel à l’occasion de l’anniversaire de Chantal qui reçoit, elle aussi, sa paire de babouches. À 20h00, repas tous ensemble au restaurant du camp : soupe marocaine, très bon méchoui (préparé par Barack, notre chauffeur de la veille) et salade de fruits.

Vendredi 20 mars : Merzouga – Tinerhir (201 km). Nuit difficile pour moi, mais… au lit jusqu’à 5h00 du matin. Départ à 9h25 : Cette fois, c’est moi qui conduit le groupe afin de pouvoir donner le signal d’arrêt si mes douleurs intercostales sont trop fortes. Premier arrêt à Rissani afin que Jean-Pierre puisse aller chercher de l’argent en banque, deuxième arrêt à Délou pour photographier les puits, troisième arrêt sur un marché où nous achetons des pommes de terre, des tomates, des courgettes, un poivron vert et des petits pois pour un prix ridicule. Je trouve aussi de l’huile d’olive artisanale dont la couleur tire franchement sur le vert. À midi, nous arrivons à Lolla-Mimouna et mangeons sur le parking du Musée de l’eau que nous visitons en début d’après-midi. Il s’agit d’une sorte de musée paysan marocain naïvement prétentieux comme l’intellectuel qui s’en occupe et qui est très fier de ne pas parler l’arabe alors qu’il maitrise parfaitement le berbère, le français et l’allemand. Nous prenons ensuite la route de Tinerhir pour rejoindre le camping de l’auberge de l’Atlas. « Faites ce que je dis, pas ce que je fais ». À l’entrée de Tinerhir, Jean-Pierre ne respecte pas ses propres consignes (ne jamais se séparer, rester groupés…) et ne me suis pas (alors que c’est toujours moi qui conduit le groupe et que mon GPS est parfaitement fiable). Il y a une justice immanente : il se perd dans les rues de la ville et ne rejoindra le camping que 45 minutes après nous qui l’avons trouvé sans difficulté aucune après une arrivée magnifique sur la palmeraie. À l’installation, je constate que je n’ai plus d’antenne télé. Je crois d’abord que je l’ai accrochée à la tonnelle sous laquelle j’ai garé le CC (sous la surveillance de Lin), mais non : Elle a du nous quitter lors d’un des nombreux cahots de la route. Mes côtes sont toujours très douloureuses.

Samedi 21 mars : Journée 4X4 dans les gorges de Todra et de Dades. Cette fois encore, la nuit est difficile, mais j’arrive à rester au lit jusqu’à 6h45. Pas question, cependant, pour moi,  d’aller faire du 4X4. Monique s’en va à 9h00 et je reste au camp pour la journée. Christiane et Lin m’ont confié la garde de leur chienne, Chippie. Je fais une petite lessive, je promène Chippie et Platon, je prépare les légumes achetés la veille au marché et je les congèle. Monique rentre à 17h00. Dans l’aventure, elle a cassé son appareil photo.

Dimanche 22 mars : Tinerhir – Todra – Ouarzazate (214 km). La nuit a été presque correcte quoique mes douleurs intercostales persistent. Comme je n’ai pas vu, la veille, la vallée du Todra et que Marc (le photojournaliste officiel du groupe) estime qu’il n’a pas pu la photographier correctement, nous changeons d’organisation. Nous quittons notre groupe habituel (Jacqueline & Jean-Pierre, Marie-Ange & Jean-Claude, Liliane et nous) pour rejoindre le groupe de Marie-Claude & Marc, Chantal & Daniel, Christiane & Lin afin d’aller voir (ou revoir) la vallée du Todra avant de faire la route prévue. Arrêt au supermarché Chez Michèle pour faire quelques achats d’alcool (pastis, wisky, vin…) puis pique-nique tous ensemble avant de rejoindre la Kasbah Amrhidil (XVIIème siècle) où nous retrouvons d’autres membres du groupe. Jacqueline & Dany se sont ensablés, Carmen & Etienne ont crevé, mais les deux incidents trouvent rapidement une solution. Sur le parking, nous sommes assaillis par de jeunes enfants qui réclament des bonbons. J’en distribue. Un plus grand (environ 14 ans) vient m’en demander un aussi, je lui en donne et je le regrette aussitôt car immédiatement après, je l’entends affirmer qu’il est le gardien du parking et il force les petits à lui donner les bonbons que j’ai distribués. La visite de la kasbah est très intéressante et le guide nous explique comment on construit avec de la terre, de la paille et des cailloux. Dans un « moule » de bois, les bâtisseurs font des blocs de terre et de cailloux d’environ un mètre de haut sur deux mètres de large et 50 centimètres d’épaisseur. Le mélange de terre mouillée et de pierres est battu longuement puis mis à sécher. Lorsqu’il est sec, les constructeurs le percent de trous qu’ils remplissent d’eau. Si, le lendemain, l’eau est toujours dans les trous, c’est que le bloc est suffisamment battu et étanche et ils l’utilisent pour monter les murs. Si l’eau s’est infiltrée, c’est que le bloc n’est pas bon et il est détruit. Ils font aussi des briquettes de terre qui servent à faire les motifs géométriques de décoration et la finition se fait au torchis de paille et de terre. Nous arrivons au camping municipal de Ouarzazate à 18h00.

Lundi 23 mars : Ouarzazate – Taborhate (45 km). Départ du camp à 9h00 pour le musée du cinéma de Ouarzazate où nous voyons de nombreux décors et notamment ceux du film Astérix et Cléopâtre avec Djamel Debouze. Le guide, très sympathique, est plein d’humour et nous passons un très bon moment. Je photographie Monique sur le trône de Cléopâtre. Visite ensuite (avec le même guide) de la Kasbah du Glaoui (XVIIIème siècle). La kasbah est très richement décorée (le Glaoui, c’est le seigneur local), surtout la chambre de la favorite. Nous apprenons que les plafonds sont en bois de cèdre bien sûr, mais aussi en bambou. Le guide nous rappelle les cinq piliers de l’islam (Allah, Mohamed, la prière, le ramadan, la charité) et nous donne la signification d’un signe que nous voyons partout, qui est le « Z » de l’alphabet berbère et qui symbolise le « peuple libre ». La visite terminée, nous partons nous garer en ville avec Christiane et Lin puis allons prendre un copieux repas dans un des restaurants d’une place de Ouarzazate. Nous sommes très bien reçus par des restaurateurs qui nous remercient parce que nous leur avons « parlé gentiment » et nous offrent le thé à la menthe. Est-ce à dire que d’autres touristes sont méprisants ou impolis ? C’est à craindre. L’après-midi, visite du Ksar (village fortifié) Aït Ben Haddou. La visite est décevante à cause d’un guide peu intéressant quoique fort bien conservé pour ses 87 ans. Ce ksar est une sorte de Mont-Saint-Michel marocain dont les ruelles sont pleines de commerçants en tous genres. Monique y achète un cheche apparemment authentique puis nous rentrons au camping L’Escale de Taborhate où je fais le plein d’eau avant d’aller prendre une douche en plein courant d’air.

Mardi 24 mars : Taborhate – Taliouine (145 km). Départ à 8h30 en direction de Taliouine, capitale de « l’or rouge » du Maroc : le safran. Premier arrêt au col de Tizi-N-Taghatine à 1886 m d’alt., puis deuxième arrêt à Tazenakht. Visite d’une coopérative de fabrication de tapis berbères où nous en achetons un pour mon bureau (fait main, recto-verso, 1600 dh). D’après le vendeur il a fallu deux mois de travail pour le réaliser. Nous faisons ensuite quelques courses au marché (nougat, chouchou, melon, tomates, agneau, bœuf) et arrivons au camping Toubkal de Taliouine à 13h00. Après le repas pris dans le CC, nous partons visiter la ville avec Christiane et Lin (dans leur CC). La ville n’a rien de très intéressant, mais nous nous rendons dans une coopérative agricole féminine de safran où nous sommes reçus avec… un thé au safran ! Nous achetons du safran et de la tisane au safran avant de rentrer au camp pour le briefing et l’apéro. Les nouvelles météo ne sont pas très bonnes : La pluie a probablement rendu fort difficile, voire impraticable, la route de 206 km initialement prévue pour le lendemain.

Mercredi 25 mars : Taliouine – Tata – Tafraoute (368 km). Il a plu toute la nuit et le trajet risque d’être dangereux. Nous modifions notre itinéraire et passons par Tata pour rejoindre Tafraoute. Le chemin est beaucoup plus long et nous empruntons une route de montagne difficile et souvent complètement défoncée. Nous arrivons au Camping de Tazka à 17h30. La journée a été fatigante. Petite promenade à pied dans la palmeraie qui sépare le camp du village, puis apéritif chez nous avec Jacqueline et Jean-Pierre. Il fait beau, mais le vent est très froid.

Jeudi 26 mars : Journée 4X4 dans la vallée d’Aït-Mansour. Nous commençons la promenade par les rochers peints en bleu par Jean Vérame. Cela n’a strictement aucun intérêt esthétique, c’est même, à la limite, un peu dommage d’abimer ainsi le paysage. À midi, nous mangeons au restaurant et on nous sert un couscous sans nous donner d’assiette. Tout le monde doit manger dans le plat ! De retour au camp, nous partons à pied à travers la palmeraie pour  rejoindre le centre ville avec Christiane et Lin. Tafraoute est la capitale de la babouche, nous en achetons pour Cécile, Muriel, Emmanuel et Andreas puis rentrons à pied au camp afin d’être présents à l’apéritif offert par Jacqueline & Dany. Le soir, nous repartons en ville pour aller manger au restaurant Marrakech avec Christiane et Lin, mais en voiture cette fois avec le propriétaire du camp qui nous dépose au centre. Repas simple, mais très bon. Comme il n’y a pas de taxi pour rentrer au camping, c’est le patron du restaurant qui nous ramène et qui se fâche presque lorsqu’on lui propose de l’indemniser pour son essence. Il faut dire que sa femme, qui fait la cuisine dans le restaurant, prépare aussi les plats à emporter qui sont en vente au camping.

Vendredi 27 mars : Tafraoute – Imchguilguine – Agadir (205 km). La route que nous prenons est une route de montagne en travaux sur de nombreux tronçons et sur l’un d’eux Guy a versé : En voulant prendre une photo sans cesser de rouler, il a quitté le tronçon en réfection et ses deux roues droites sont tombées sur le tronçon ancien, cinquante centimètres plus bas. Il est complètement coincé, mais, heureusement, il n’a rien cassé. Un 4X4 marocain propose son aide et comme Jean-Pierre a un cable de remorquage, il arrive à sortir Guy de ce mauvais pas (il ne lui restera plus qu’à nous payer l’apéro pour se faire pardonner). Repas de midi dans le CC à proximité d’Imchguiguilne, puis visite d’un « grenier traditionnel », un Agadir, qui est encore utilisé. Il s’agit d’une « banque berbère », nous dit notre guide, une sorte de salle des coffres sur trois niveaux gardée en permanence où l’on peut venir déposer les biens que l’on veut mettre en sécurité (moyennant finances bien sûr). Il y a un coin pour le grain, un coin pour les liquides et un coin pour les bijoux. Chacun peut disposer d’un petit local numéroté qu’il ferme à sa convenance et notre guide déplore que certains aient remplacé les portes en bois de cèdre par des portes métalliques. La visite terminée, nous reprenons la route d’Agadir et voyons pour la première fois des chèvres grimpées dans les arganiers puis le parcours devient urbain jusqu’au Carrefour Market où nous faisons nos courses et provision de boissons alcoolisées. Là, pour la cinquième fois depuis le début de nos vacances, on me prend pour un marocain : « Tu es marocain ! – Non, je suis français… - Oui, mais français marocain ! – Non, français… - Tu ne vas quand même pas me dire que tu es breton ! ». Le gars s’adresse ensuite à Monique : « Il est cool ton mari ! ». Certes, Monique n’est pas en habit traditionnel comme la quasi totalité des femmes marocaines et le gars est persuadé que je suis marocain. Nous lui précisons que nous sommes savoyards, que nous habitons Annemasse à côté de Genève. Il connaît, son fils travaille à Genève. « Tout est cher, là bas ! ». Il nous quitte en pensant, j’en suis sûr, que je suis un marocain qui a épousé une française et qui renie ses origines à cause de sa femme. Du moins, c’est ce que semble indiquer le regard noir qu’il jette à Monique en s’en allant. Nous rejoignons ensuite le camping Atlantica d’Imourane en bord de mer à 15 km au nord d’Agadir : Un joli camping tout confort. Le soir, apéritif offert par Guy.

Samedi 28 mars : Journée libre à Agadir. Cette fois, aucune visite n’est programmée. Chacun peut s’organiser comme bon lui semble. À 9h00, nous prenons le bus interurbain avec Guy, Marie-Claude et Marc, Chantal et Daniel, Jacqueline et Dany. Nous allons tous visiter les souks d’Agadir qui sont immenses et sans aucun intérêt touristique, mais où nous achetons d’excellents gâteux au miel, puis reprenons le bus pour rejoindre le port où Daniel a envie d’aller voir les chantiers navals traditionnels. Là nous nous séparons. Jacqueline et Dany rentrent au camp et nous, nous allons vers la marina (le quartier touristique). Jolie promenade le long de la baie puis repas dans un restaurant « chic » (à 75 dh par personne !), La Ballena : Amuse gueules, salade marocaine, poissons frits et flanc caramel. L’ensemble est très fin et les serveurs sont adorables. Nous passons un très bon moment. Il faut dire que, dans ce voyage, nous n’avons pas eu souvent l’occasion d’être seuls et que nous l’apprécions d’autant plus. Pour retourner au camp, nous attendons vainement le passage du bus 32 puis prenons un taxi qui nous ramène à l’Atlantica pour 60 dh. Là nous faisons réparer le pare choc et décorer l’arrière du camping car. (Quand un camping cariste est allé dans le désert, il se doit d’orner son véhicule d’un chameau). L’apéritif est offert par Marie-Claude & Marc.

Dimanche 29 mars : Agadir – Essaouira (153 km). Un épais brouillard couvre le paysage quand nous démarrons. Pendant une heure nous roulons dans la purée de pois et ne pouvons pas profiter de la route qui longe l’Atlantique puis le soleil paraît pour nous permettre de photographier les chèvres dans les arganiers. Nous arrivons vers 13h00 au parking prévu pour le bivouac à Essaouira. Là nous prenons des « petits taxis » pour aller jusqu’à la médina où Jacqueline a repéré un bon restaurant le M’Riste Jouhar. Nous y allons avec les deux Jacqueline, Jean-Pierre, Liliane, Dany, Guy, Marie-Ange et Jean-Claude. D’après Monique, c’est très bon et très fin. Moi, je n’apprécie pas du tout : J’ai pris un couscous aux poissons qui est servi avec des fruits et tout est sucré. Nous faisons ensuite une petite visite de la médina où Monique trouve enfin le joli petit dromadaire en pierre qu’elle cherche depuis plusieurs jours pour mettre sur les étagères. Nous retournons ensuite au parking en taxi et, pour la première fois, Platon nous pose problème : Le premier taxi refuse les chiens, le second prétend que, dans les taxis, la police interdit que l’on prenne les chiens, le troisième accepte de nous prendre mais double son tarif (20 dh au lieu de 10).

Lundi 30 mars : Journée libre à Essaouira. Levés à 8h05, nous partons à pied à 9h30. Trente-cinq minutes plus tard nous sommes à l’entrée de la médina. Nous prenons bien le temps de visiter le port, le marché aux poissons, le chantier naval où les ouvriers travaillent encore à la main sur des bateaux de bois puis allons manger dans une gargote où nous nous faisons arnaquer : Nous avons oublié de marchander et nous payons le prix fort (160 dh par personne) pour ne pas manger grand chose (quatre soles, une dorade et quelques calamars pour nous deux). L’après-midi, promenade dans la médina et quelques achats : Un chèche pour Emmanuel dans une boutique où, à deux reprises, on me demande si je ne suis pas marocain, des chèches pour Cécile et Muriel et un dromadaire en bois de thuya pour Andreas. Après avoir acheté quelques pâtisseries, nous allons prendre un café sur la place touristique où se trouvent tous les bars puis prenons le chemin du retour à pied par le bord de mer. Arrêt en bord de plage, Monique prend un jus multi fruits et moi une bière (c’est un bar à touristes, il y a de l’alcool). De retour au parking, nous invitons Christiane et Lin à venir goûter.

Mardi 31 mars : Essaouira – Marrakech (209 km). Partis à 9h40 d’Essaouira, nous arrivons à 12h45 à proximité de notre point de chute, mais nous n’avons plus rien à manger. Nous quittons donc le groupe pour nous rendre au supermarché Marjane de Marrakech. Nous faisons quelques courses puis rejoignons le camping Le Relais. Repas, farniente et pour moi piscine avec Dany avant d’aller prendre l’apéritif chez Christiane et Lin. Le camping est agréable. « C’est le plus joli camping du Maroc » nous affirme un habitué.

Mercredi 1er avril : Visite de Marrakech. Départ en bus à 9h15. Nous nous arrêtons d’abord à la Ménara, un grand jardin avec, au bord d’un grand bassin, un pavillon qui était le rendez-vous galant des sultans. L’un d’eux avait, dit-on, pour habitude de faire jeter au matin dans le bassin, l’élue de la veille. On dit aussi que ce bassin aurait été édifié pour servir de piscine d’entraînement aux soldats. Nous nous rendons ensuite au jardin Majorelle, du nom de son créateur Jacques Majorelle qui l’a créé en 1922. Racheté en 1980 par Yves Saint Laurent il abrite une stèle à la mémoire du couturier. Les chiens n’y étant pas admis, Lin se dévoue pour les garder et nous allons visiter. Rejoints par le guide qui doit nous faire découvrir Marrakech, nous allons voir la Koutoubia. La visite de la mosquée étant interdite aux non musulmans, nous nous contentons de l’extérieur. En haut du minaret une potence indique la direction de La Mecque. Elle est munie d’une lampe qui s’allume aux moments de l’appel à la prière (pour les mal entendants). Puis nous allons jusqu’au Palais de la Bahia que nous visitons avec Platon dans les bras. Ce palais est absolument superbe. La visite terminée, nous traversons le Mellah, puis rejoignons la place Jemâa el-Fna et le restaurant où est prévu le repas de midi. (Repas médiocre dans un restaurant très quelconque). Visite des souks sous escorte : Le guide devant et un policier de la « police touristique » derrière. Nous faisons la visite quasiment au pas de course, mais voyons des choses que le touriste solitaire ne peut pas voir : les endroits où, véritablement, les artisans travaillent, c’est étroit, c’est un peu sordide, c’est mal odorant, c’est peut-être même mal famé et nous ressortons sur la place Jemâa el-Fna où nous voyons marchands de jus d’orange et montreur de serpents. Notre guide a senti que nous ne sommes pas tout à fait satisfaits de la visite qu’il nous a fait faire, il s’éclipse sans demander son reste. « Marrakech arnakech, Agadir rien à dire », tel est le dicton. Il voulait le démentir… Nous rentrons au camping et je profite, une nouvelle fois de la piscine.

Jeudi 2 avril : Promenade en mini-bus dans la vallée de l’Ourika. Partis à 9h00, nous faisons un premier arrêt chez un potier où nous achetons quelques souvenirs. Le deuxième arrêt, c’est une maison berbère traditionnelle (qui se révèle être habitée par des membres de la famille du guide). Nous y prenons un thé à la menthe et du pain tout chaud (cuit devant nous) avec de l’huile d’olive, du beurre maison (qui sent le petit lait) et du miel (mais nous devons payer 10 dh par personne pour cette collation). Troisième arrêt au jardin des arômes : Nous pensions visiter un jardin d’épices pour la cuisine, il ne s’agit que de la vitrine pour touristes d’un marchand d’herbes dites médicinales. Nous arrivons enfin dans la vallée proprement dite qui est le lieu préféré des Marrakchis lors des week-ends d’été. L’Ourika est bordé tout le long de restaurants les pieds dans l’eau, nous mangeons dans l’un d’entre eux. Après le repas, promenade à pied avec un guide vers les cascades. Nous n’allons pas jusqu’au bout parce que j’ai peur de glisser sur les rochers mouillés et que nous ne sommes pas privés de cascades en Haute-Savoie. De retour au camping, je profite une dernière fois de la piscine.

Vendredi 3 avril : Marrakech – Ouzoud (157 km). Après un arrêt au supermarché Marjane pour faire quelques courses, nous partons pour le site du pont naturel d’Imri N’Ifri. Repas dans le CC et visite à pied du site (212 marches à derscendre… puis à remonter). Nous prenons ensuite la route des cascades d’Ouzoud que nous partons voir à pied. Mais cette fois aussi, nous renonçons. C’est trop loin et il nous faut préparer l’apéritif de mon anniversaire (des toasts pour 26 personnes, ça fait beaucoup !)

Samedi 4 avril : Ouzoud – El Jadida (321 km). C’est moi qui prends la tête du convoi et nous démarrons à 8h10. Pendant 46 km nous empruntons une magnifique route de montagne avec des paysages à couper le souffle, puis la route descend dans la plaine et nous prenons l’autoroute. Nous n’aurions peut-être pas dû parce qu’il nous faudra faire 40 minutes de queue pour en sortir au péage de Casablanca. Arrivés au camping international d’El Jadida nous allons manger au restaurant du camp un copieux poulet frites avec Jacqueline, Liliane, Marie-Ange, Jean-Claude et Jean-Pierre. Le restaurant du camping sert de la bière et quelques marocains sont venus spécialement pour cela.  L’après-midi, de  nombreux groupes partent en taxi pour rejoindre le centre ville. Nous, nous partons à pied par le bord de mer comme Christiane et Lin ainsi que Alieth et Bernard qui, partis après nous, nous rattrapent à l’entrée de la cité portugaise. On nous avait dit beaucoup de bien d’El Jadida et nous tenions à visiter : Nous sommes tous déçus. La promenade de bord de mer est tristounette, des immeubles abandonnés en cours de construction lui donnent même, par moments, un air sinistre. La vieille cité portugaise est, elle aussi, bien décevante. Quant à la ville moderne, elle ne présente aucun intérêt. Après un jus de fruits panachés sur une terrasse de la place, nous allons sur le port pour acheter du poisson frais (des petites soles) et rejoignons le camping en taxi.

Dimanche 5 avril : El Jadida – Casablanca – Mohammedia (134 km). Pour aller jusqu’à Casablanca, nous prenons la route du bord de mer. Sur la moitié du trajet, on ne voit pas la mer et la route est totalement défoncée. Nous arrivons sur le parking de la Mosquée Hassan II à 12h15 et prenons notre repas dans le CC avant d’aller faire le tour de la mosquée. Comme nous sommes accompagnés de petit Platon, nous sommes obligés de faire des tours et des détours (afin de ne pas fouler les zones interdites aux chiens) mais nous voyons bien l’ensemble du site avant de ramener Platon dans le CC pour aller visiter l’intérieur de la mosquée. C’est absolument superbe : des perspectives grandioses, une décoration d’une richesse époustouflante. Le marbre du sol vient de Carrare, les lustres de Murano, tout le reste vient de l’artisanat marocain. La porte majestueuse prévue pour l’entrée du roi est en titane richement sculpté, mais, nous dit notre guide, « notre roi ne passe pas par la porte royale, il passe par la même porte que les fidèles parce que c’est un roi social » (sic). Nous allons voir ensuite, pour terminer la visite, la salle des ablutions, le hammam et le bain turc au sous-sol. En milieu d’après-midi, nous prenons l’autoroute pour rejoindre le camping L’océan bleu à la sortie de Mohammedia en bord de mer. Le soir, apéritif offert par le groupe d’Angela.

Lundi 6 avril : Visite de Rabat. Il nous faut une heure en bus pour aller jusqu’au centre ville où nous sommes pris en charge par une guide qui nous amène au Palais royal (le vrai, celui où travaille le roi). Vu la décontraction des gardes, la guide en conclut que, ce jour-là, le roi n’est pas présent. Je suis obligé de rester à distance avec Platon : les chiens ne sont pas admis. Mais de toute façon, personne ne peut pénétrer à l’intérieur du Palais et je n’ai pas manqué grand chose. La visite se poursuit par le Chellah qui abrite la tombe du sultan Abou el Hassan, mort en 1351. Là non plus les chiens ne sont pas admis, mais après avoir fait un petit tour à l’intérieur, Lin ressort pour garder Platon et je peux aller jeter un œil sur les jardins. De là, nous rejoignons le Mausolée de Mohamed V que nous visitons chacun à notre tour (Monique et moi). Alors que nous sommes tous les deux dehors avec Jeannine (qui, elle aussi, garde son chien pendant que Bernard visite) et que nous attendons le reste du groupe, Dany vient nous prévenir que tout le monde sort de l’autre côté. Or, les chiens ne sont pas autorisés à traverser… Il faudra que le bus fasse un grand détour pour venir nous chercher, ce qui amuse beaucoup notre guide qui nous emmène, ensuite, jusqu’à la Kasbah des Oudaïas. C’est très joli, mais, malheureusement, nous la visitons trop vite parce que notre guide a pris du retard et qu’elle doit nous emmener jusqu’au restaurant avant d’aller prendre en charge un autre groupe. L’après-midi, « quartier libre » dans la médina de Rabat où nous achetons des pâtisseries et des épices pour tajine. Au retour au camp, apéritif offert par Angela & Jacky à l’occasion de l’anniversaire de Jacky qui reçoit sa paire de babouches. Moi aussi, je reçois la mienne. C’est Janine qui a tenu à réparer l’oubli de l’organisation qui n’avait regardé que les anniversaires de mars.

Mardi 7 avril : Mohammedia – Asilah (261 km). Avant de quitter Mohammedia, nous faisons les vidanges et les pleins car nous n’aurons plus de camping jusqu’au retour en Espagne. 261 km d’autoroute et nous arrivons à Asilah à 12h30 le mardi 7 avril. Nous stationnons sur un parking en bord de port puis allons manger au restaurant avec Jacqueline, Liliane, Marie-Ange, Jean-Claude et Jean-Pierre. Au bout de quelque temps Jacqueline, Dany et Guy nous rejoignent. L’après-midi, nous visitons la médina et ses murs peints par des artistes contemporains puis achetons en ville d’excellentes pâtisseries marocaines au miel. Le soir, c’est l’apéritif et le repas de fin de voyage. Le restaurant est plus « classe » que celui de midi, mais la cuisine est moins bonne. Jean-Pierre nous apprend une « mauvaise » nouvelle : la tempête fait rage dans le détroit de Gibraltar et tous les bateaux sont annulés. Nous ne savons pas quand nous pourrons embarquer. J’ai changé nos derniers dirhams contre des euros : Il faudra peut-être refaire du change si nous devons rester coincés encore un jour ou deux au Maroc. Cela ne nous empêche pas de passer une bonne soirée.

Mercredi 8 avril : Asilah – Tanger Med (83 km). Le vent et la pluie ont fait fureur toute la nuit et au matin les camping-cars pleins de poussière et de sable ont retrouvé une propreté presque originelle. Nous sommes « coincés » à Asilah : nous retournons visiter la médina et découvrons des endroits que nous n’avions pas vus la veille. Au moment du repas de midi, nous essuyons un orage de grêle, mais nous prenons tout de même l’autoroute pour rejoindre Port Tanger Méditerranée où nous arrivons à 15h00 et commençons à attendre un éventuel embarquement. Le vent est toujours violent. À 18h30, branle-bas de combat, on va peut être pouvoir s’enregistrer, il y a un bateau qui part à 20h00. « Plus de place, revenez à 22h00 pour le bateau de 23h00 ! ». À 22h00, nous faisons à nouveau la queue pour l’enregistrement, mais il n’y a plus de place pour les camping-cars, il faut revenir le lendemain matin à 6h00 pour le bateau de 8h00. Nous manœuvrons les CC pour que personne ne puisse entraver notre départ le lendemain et nous nous couchons.

Jeudi 9 avril : Tanger Med – Algéciras – Grenade (269km). Lever à 4h45 pour être au guichet d’enregistrement dès 5h45. Le guichet ouvre à 6h30 et notre billet de retour est enfin validé à 6h45. Les formalités de police et le scanner de la douane sont accélérés par une pluie torrentielle qui n’incite pas les fonctionnaires marocains à faire du zèle et nous nous rendons sur le quai d’embarquement. Départ à 11h00 et traversée par gros temps : Ça bouge beaucoup ! À midi et demie, nous sommes de retour sur le parking de rassemblement du départ à Algéciras. Petit apéritif improvisé pour se dire au revoir, courses, repas dans le CC et départ pour Grenade où nous avons repéré un camping ACSI, le Reina Isabel.

Encore trois étapes pour parcourir les 1635 km qu’il nous reste à faire et nous sommes de retour à Cranves-Sales.

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