Le Portugal en camping-car

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DSC_1031.JPGContrairement à ce que l'on peut lire sur certains sites mal documentés (ou insuffisamment mis à jour), il est très facile de circuler en camping-car au Portugal. Les aires de stationnement sont nombreuses et le ravitaillement en eau ne présente aucune difficulté (à condition d'avoir prévu un jerrican car les robinets à pas de vis sont rares). La seule difficulté reste la vidange des eaux usées et des toilettes, mais avec un tout petit peu de prévoyance le camping cariste ne rencontre pas de problème. Quoiqu'en quatre semaines nous ne soyons allés que trois fois dans un camping, j'ai toujours pu vidanger dans des endroits prévus pour. La circulation est très aisée sur le réseau très bien entretenu d'autoroutes et de voies rapides, il faut simplement prendre soin d'adhérer au système de péage électronique car certains tronçons ont un paiement exclusivement électronique par portiques, sans poste de péage.  Easy Toll est un système de paiement automatique des péages électroniques, qui associe une carte bancaire (Mastercard et Visa) à l'immatriculation du véhicule. Pour adhérer, il faut passer aux Welcome Points situés aux postes de frontière à EN13 – Vila Nova de Cerveira, A24 – Chaves, A25 – Vilar Formoso et A22 – Vila Real de Santo António. Le conducteur, sans devoir sortir du véhicule, introduit la carte bancaire dans le terminal de paiement et le système associe automatiquement l'imatriculation du véhicule à la carte bancaire. Les péages à payer seront directement débités sur le compte associé à la carte. 30 jours de validité; au moment de l'adhésion, un reçu justificatif est émis et devra être conservé. Le conducteur a toujours la possibilité de modifier les immatriculations ou d'annuler l'adhésion, par l'intermédiaire du Call Center 707 500 501 (appel national) ou 00 351 212 879 555 (appel à partir de l'étranger) ou sur www.portugaltolls.pt .Très agréable sur le réseau principal, la circulation est quelquefois plus délicate sur le réseau secondaire manifestement un peu négligé. Ce qui frappe, c'est la fluidité de la circulation : Les portugais roulent peu, je me suis amusé à compter les véhicules croisés sur un tronçon de 50 km de voie rapide à l'intérieur du pays (il y a un peu plus de monde sur la côte) : 9 voitures et 3 camionettes ! En ville, certes, la circulation est plus dense, mais j'ai circulé dans Porto et dans Lisbonne sans rencontrer le moindre problème (mis à part les démarrages en côte toujours un peu délicats avec un camping-car). Pour la visite de Porto, j'avais eu des informations très alarmistes selon lesquelles il était impératif de stationner très à l'extérieur et de rejoindre le centre en 40 minutes de transport en commun : Ce n'est pas vrai ! Les rues sont larges et les parkings sont vastes. Il suffit d'arriver entre 8h30 et 9h00 au parking Campo De 24 De Agosto (N 41°8’94’’ & W 8°35’97’’) pour choisir sa place et rejoindre, en 10 minutes la Praça Da Trindade (en plein centre) par la rue Fernandes Thomas. Même remarque pour Lisbonne. Le parking de Bélem (N 38°34'04'' & W 09°11'37") très facile d'accés est à 10 minutes à pied de la Tour de Bélem et du Monastère. Le camping municipal de Lisbonne (N 38°43'31'' & W 09°12'30") est relié au centre historique par une ligne de bus directe.

 

Récit détaillé :

    DSC_1004.JPGDeux jours de trajet pour rejoindre Biarritz depuis Cranves-Sales et le lundi 3 juin, nous prenons la route pour  Gijon, terme de notre première étape espagnole. La côte nord de l’Espagne et très belle et rappelle un peu la Croatie. Nous la longeons sur l’Autovia del Cantabrico avant de faire étape en bord de mer. L’aire est fermée (quoique la borne soit en service), mais le parking de la plage est libre, nous nous y installons avant d’aller faire un tour. Il y a beaucoup de vent et quelques windsurfers évoluent sur l’eau. Après le repas, je change de place pour m’éloigner d’un groupe de jeunes qui fument le chichon en parlant un peu fort car je crains que cela dure dans la soirée. Mes craintes n’étaient pas justifiées, cinq minutes plus tard le groupe s’est dispersé et nous passons une soirée puis une nuit tout à fait calmes. (La photo qui illustre ce début de page est celle d'une église de Porto couvertes d'azulejos).

     

    Reprise de l’Autovia del Cantabrico à 8h45 le mardi 4 juin avant de quitter la côte pour rejoindre Santiago de Compostela où nous arrivons à 14h30. Après échec d’une tentative de stationnement à proximité du centre ville, nous nous arrêtons sur l’aire réservée, à 1,9 km de la cathédrale que nous rejoignons à pied. Accolade à Saint-Jacques, puis petit tour en ville. Il y a de nombreux pèlerins (à pied ou en vélo) et cela me fait une impression bizarre de me retrouver au milieu d’eux, moi qui, aujourd’hui, ne suis plus le pèlerin cycliste d’août 1986. Nous prenons une consommation à la terrasse d’un bar avant de rejoindre l’aire. Monique, mon épouse, a mis des chaussures neuves sans chaussette : Elle a les pieds en sang. La gardienne du parking (très gentille) a essayé de nous expliquer qu’elle ne nous faisait pas payer la nuit d’avance, que nous pouvions changer d’avis, que la nuit tout était ouvert, mais comme nous ne parlons pas l’espagnol... Nous comprendrons le lendemain quand le gardien en service nous réclamera 12 € pour la nuit.

     

    Départ à 9h30 après vidanges et plein le mercredi 5 juin. Changement d’heure en rentrant au Portugal (moins une heure). Autopistas del Atlantico jusqu’au Monte do Faro que nous atteignons après 20 minutes de grimpée en camping car et 20 minutes de marche à pied. Les guides disent qu’il faut absolument y aller, mais ce n’est pas du tout exceptionnel. Nous nous dirigeons ensuite vers Vila Nova de Cerneiro pour prendre l’option Easy Toll : Paiement automatique des péages électroniques, qui associe une carte bancaire à l'immatriculation du véhicule. Il n’y a que quatre points où il est possible d’adhérer en introduisant la carte bancaire dans le terminal de paiement (le système associe automatiquement l'immatriculation du véhicule à la carte bancaire. Les péages à payer seront directement débités sur le compte associé à la carte)... Mais je me trompe de Vila Nova en programmant le GPS et nous devons retourner jusqu’à Valença pour prendre la bonne route avant de rejoindre Caminha et Viana do Castelo, notre première étape portugaise. Il est impossible de se garer, nous allons stationner en bord de mer sur une aire gratuite sans aucun service, à côté de la « Forteresse maritime ».

     

    Levés tôt, nous sommes dans Viana do Castelo dès 7h30 le jeudi 6 juin, mais, même à cette heure matinale, il n’est pas possible de se garer. Nous visitons en camping-car avant de faire route vers Braga que nous visitons à pied. La ville n’a pas grand intérêt, mais elle est sympathique et agréable. Les guides disant qu’il faut absolument aller voir Sé Cathédral même si l’on n’est pas grand amateur d’architecture religieuse, nous la cherchons en vain  parmi une profusion impressionnante d’églises (nous avons oublié de prendre le plan de ville). De retour au camping-car, nous consultons le plan, la cathédrale est à côté. Laissant notre petit chien Platon « garder la maison », nous y allons. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est décevant : À part le double buffet d’orgue, il n’y a vraiment rien qui mérite le déplacement. À midi, nous mangeons à Dom Jésus do Monte. Nous sommes arrivés à stationner en haut du parc, mais n’arrivons pas à voir le monastère et, en bas il est impossible de s’arrêter. Tant pis, nous allons jusqu’à Guimaraes où nous trouvons très facilement à nous garer sur l’immense parking derrière le château. Quelqu’un nous « aide » à nous garer et attend sa pièce. Je refais le pansement de Monique car le talon bien entamé à Compostelle ne s’est pas arrangé (au contraire !), puis nous partons visiter la ville. Le centre historique est assez joli. Nous faisons ensuite route vers Vila do Conde où nous faisons étape sur un parking gratuit sans aucun service. Des camping caristes français nous rejoignent (on ne verra quasiment que des camping-cars français sur les aires et dans les campings pendant tout notre périple portugais) et nous demandent si nous allons passer la nuit ici (ils n’aiment pas dormir en solitaires). Suite à notre réponse positive, ils s’apprêtent à s’installer quand d’autres camping caristes français se promenant en moto s’arrêtent pour nous dire qu’il y a un coin bien plus agréable un peu plus loin. Nous allons voir : Ce n’est pas mieux que là où nous étions installés et où nous revenons parce que, nous, nous préférons dormir en solitaires. Les rassemblements de camping-cars, ce n’est pas notre truc. Les français rencontrés, qui semblaient bien connaître le Portugal et Porto, nous ont dit qu’il était impossible de circuler en camping car dans Porto et encore plus impossible d’y stationner, qu’il fallait impérativement aller au camping « machin » à 40 minutes en bus du centre de Porto. Nous passons donc la soirée à chercher comment visiter Porto. Quand Monique s’aperçoit qu’il y a une ligne de métro qui passe à Vila do Conde (où nous sommes garés) et rejoint le centre de Porto, je commence à douter des compétences de ces « je sais tout » qui ignoraient l’existence de la ligne de métro et nous décidons d’aller voir Porto en camping-car le lendemain, quitte à organiser ensuite une visite par le métro si le stationnement s’avère impossible.

     

    DSC_1036.JPGC’est sans aucune difficulté que nous rejoignons le centre de Porto le vendredi 7 juin (la circulation est très aisée dans les rues de Porto, larges et bien dégagées). À 8h30 nous nous garons au Campo De 24 De Agosto à 10 minutes à pied du centre ville. Je note soigneusement les coordonnées GPS du parking (N 41°8’94’’ & W 8°35’97’’) afin de pouvoir, éventuellement, donner à d’autres camping caristes un tuyau qui ne soit pas crevé (contrairement à celui que l’on nous a donné la veille). À 9h00 nous sommes en plein centre (nous avons suivi, tout droit, la rue Fernandes Thomas jusqu’à la Praça da Trindade). Arrêt dans une pharmacie pour renouveler le stock de tricostéril car le pied de Monique est toujours en piteux état puis visite méthodique de la cité. Nous commençons par parcourir les trois places consécutives du centre : Praça da Trindade, Praça do Général Humberto del Gado avec l’hôtel de ville et Praça da Liberdade, avant d’aller admirer les magnifiques azulejos de la salle des pas perdus de la gare de Sao Bento. Nous marchons ensuiteDSC_1018.JPG jusqu’au Ponte D. Luis que nous traversons jusqu’au milieu car c’est une des vues de Porto qu’il ne faut pas manquer. Il est vrai que c’est impressionnant et même un peu vertigineux. Après avoir photographié le funiculaire qui monte des rives du Douro jusqu’au quartier de l’église Santa Clara, nous visitons la dite église où l’on peut voir de belles boiseries du baroque portugais. Il est 11h00 quand nous prenons un petit train qui nous évitera de marcher pour aller voir certaines rues sans grand intérêt. Celui-ci nous amène aux chais de Porto, puis nous révèle au long de son parcours, le voisinage de coins « lépreux » avec les « beaux » quartiers. Le trajet fini, nous allons voir la cathédrale et prenons un peu la pluie puis descendons vers les berges du Douro en passant par des quartiers populaires qui n’ont sans doute pas l’eau courante car des lavoirs collectifs récents y sont installés. Après avoir hésité entre un feuilleté de morue dans un restaurant et de la morue en croute de pain de mie sur gratin de pommes de terre dans un autre, nous arrêtons notre choix sur un restaurant du bord du Douro où nous prenons notre repas de midi dehors, au soleil : Acras de morue, Tripes à la mode de Porto (excellentes et très bien servies), Vin du Douro. Le repas terminé, nous remontons vers la cathédrale, puis la gare, puis les trois places et le parking avant de faire la route vers Furadouro où nous trouvons une aire gratuite (sans aucun service, bien sûr).

     

    Nous ne sommes pas vraiment reposés lorsque nous nous levons le samedi 8 juin. La nuit a été bruyante : Nous n’avions pas vu qu’il y avait une discothèque à proximité. Départ vers Aveiro pour voir les canaux. Ce n’est pas terrible. Sur les conseils du Guide vert  nous faisons route vers Coimbra via Mira afin de profiter d’une « jolie route » (qui se contente de traverser des forêts de pins et d’eucalyptus). Arrivés à Coimbra, nous bénéficions, à nouveau, des services de quelqu’un qui nous « aide » à stationner, puis nous rejoignons à pied le centre historique. Il y a une fête médiévale : De nombreux figurants sont en habits d’époque, des jambons tournent sur des broches, des sardines grillent sur les braises, des tripes mijotent sur un feu de bois. Nous avons juste le temps de visiter la cour de l’université avant de nous réfugier sous un porche afin d’éviter d’être trempés par une averse assez violente. Avant de retourner au camping-car, nous achetons de la pâtisserie traditionnelle portugaise : Du pain d’épices aux fruits confits (excellent) et des choux meringués (un peu secs). SurDSC 1059 la route du monastère de Batalha, nous doublons de nombreux pèlerins à pied qui se rendent à Fatima. L’aire de Batalha, où nous arrivons à 15h30, est très bien placée, juste à côté du monastère et il y a tous les services. Nous confions la garde de la maison à Platon et allons visiter. C’est très beau.

     

    Au moment des vidanges et plein le dimanche 9 juin au matin, nous discutons un peu avec des camping caristes français puis nous partons pour Fatima. Le site est impressionnant. Il y a tellement de camping-cars que le parking ressemble à un camping. Il est encore tôt dans la matinée et il pleut, mais la foule est déjà nombreuse. Des femmes font à genoux la traversée de l’immense esplanade accompagnées de leur mari qui, debout, leur tient la main et les protège de leur parapluie. À 11h00, nous prenons la route pour Tomar, le deuxième monastère portugais qu’il faut impérativement visiter. Le monastère fortifié est au sommet d’un piton rocheux et il n’y a que deux voies d’accès. La première que nous empruntons débouche sur le parking « cars » qui est totalement saturé. Nous redescendons jusqu’à la ville pour prendre la deuxième route qui arrive sur un petit parking où, par chance, une place vient de se libérer. Nous laissons Platon « garder la maison » et visitons le monastère, maison mère des Templiers. Il est très grand (sur trois niveaux). L’ensemble est très beau et c’est un véritable labyrinthe de salles, de couloirs et de cloîtres dans lequel nous avons un peu de peine à trouver la Fenêtre du couvent du Christ de Tomar conçue par DSC_1082.jpgl’architecte Diogo de Arruda et présentée comme « la plus étonnante réalisation de décoration manuéline au Portugal ». En effet, sur le plan, elle est indiquée à l’intérieur d’une salle, mais on ne peut la voir que depuis l’un des sept cloîtres, le petit cloître Sainte Barbe. Visite terminée, il serait temps de manger, mais nous libérons vite une place de parking fort précieuse et allons manger dans un endroit moins fréquenté avant de prendre la route vers le troisième monastère portugais à voir, celui d’Alcobaça. Il est apparemment impossible de stationner à proximité, mais j’insiste et persévère et, après deux tours de ville nous trouvons un parking qui nous permet d’aller visiter. Grande bâtisse austère, le Monastère de Santa Maria n’est pas extraordinaire de l’extérieur, mais, à l’intérieur de l’église, les tombeaux sculptés du XIVème siècle sont de toute beauté. À 16h00, nous faisons étape à Nazaré, une petite station sans grand intérêt. Nous y retrouvons les camping caristes rencontrés le matin et ceux-ci nous disent que le lendemain, c’est la fête nationale et qu’il n’est pas possible de faire des courses, que tout est fermé, « même les boulangeries ». Comme les provisions s’amenuisent, nous décidons d’aller manger au restaurant où nous prenons un repas traditionnel : Soupe de légumes, Poissons grillés (une grosse sardine, un petit bar et un morceau d’encorné pour chacun), Pommes de terre bouillies. Monique se régale, moi un peu moins car je n’apprécie pas vraiment le poisson grillé.

     

    Le lundi 10 juin, jour de la fête nationale portugaise, nous faisons nos courses à l’Intermarché d’Obbidos qui est ouvert comme tous les autres commerces d’alimentation et où il y a du pain frais ! Nos camping caristes de la veille étaient, comme ceux de Vila do Conde, des « je sais tout » qui ne savaient rien. Route vers Peniche où nous mangeons en bord de mer avant de rejoindre Ericeira. Puis nous nous acheminons vers Sintra où nous avons l’intention de faire étape. J’ai fait confiance au positionnement GPS indiqué par le Guide des aires Portugal, mais il y avait une erreur et nous nous retrouvons à Cascais après une route de montagne assez difficile. Nouvelle programmation du GPS et nous arrivons à Sintra au milieu d’une foule si dense qu’il est rigoureusement impossible de s’arrêter. Nous redescendons donc vers la côte et faisons étape sur l’aire gratuite de Guincho dans un site magnifique. Il a fait gris toute la journée, mais nous avons un rayon de soleil en début de soirée. Nous préparons la visite de Lisbonne prévue pour le lendemain et le surlendemain.

     

    DSC_1097.JPGLe ciel est à nouveau couvert quand nous partons vers la Tour de Bélem le mardi 11 juin. Nous stationnons à côté et allons la voir de prêt, mais n’attendons pas qu’elle ouvre ses portes aux visiteurs, l’extérieur nous suffit. Nous allons ensuite voir le Monument des découvertes (car c’est la photo qui orne la couverture du Guide Vert Portugal !) puis nous allons nous garer sur l’aire gratuite de Bélem où, là encore, quelqu’un prétend nous aider à manœuvrer, mais Monique est déjà descendue du camping-car pour m’aider, il n’aura pas droit à sa pièce. Une fois rejoint le monastère de Bélem, nous devons attendre car il n’ouvre qu’à 10h00. Très beau extérieurement, l’édifice est surtout remarquable par la voûte de l’église. Après avoir rejoint le camping car, nous partons faire le tour de la Mer de paille par les deux ponts qui la traversent. Nous parcourons d’abord les 18 kilomètres du Pont Vasco de Gama et mangeons à Coina avant de rejoindre Lisbonne par les 2,3 kilomètres du Pont du 25 avril. Il est encore tôt, nous décidons de refaire le tour dans l’autre sens afin de bien profiter de tous les panoramas possibles. Pour cela, il me faut aller faire demi-tour en passant dans les rues escarpées du centre ville qui offrent un certain nombre de démarrages en côte un petit peu stressants en camping-car avant de pouvoir prendre dans l’autre sens le Pont du 25 avril et d’être en mesure d’admirer la Statue géante du Christ-Roi (qui domine le Tage) directement inspirée de celle du Christ Rédempteur de Rio de Janeiro. Nous rejoignons ensuite le Campismo Lisboa Camping en empruntant (dans l’autre sens) le Pont Vasco de Gamma. Le soleil est arrivé et le camping où nous nous installons à 16h30 est très bien (il y a sur chaque emplacement, l’électricité, l’eau courante et la vidange des eaux usées) mais l’entretien laisse un peu à désirer (crochets pour les vêtements cassés dans les cabines de douche, porte-savon disparu…).

     

    Une ligne de bus directe relie le camping de Lisbonne au centre ville, mais les bus n’acceptent pas les chiens et comme il est hors de question d’abandonner petit Platon dans le camping-car pour toute la journée, nous appelons un taxi au matin du mercredi 12 juin. Le chauffeur n’est pas aimable et ne parle pas un mot de français, mais il nous emmène sur la Praça Marques de Pombal pour 9 €. Il fait très beau, c’est notre première journée de vrai soleil. Nous descendons à pied l’Avenida de Liberdade pour rejoindre la Praça dos Restauradores et le Rossio avant d’arriver par la Baixa jusqu’à l’Elévador de Santa Justa. Impossible de le prendre pour aller admirer le panorama : Les chiens ne sont pas admis et nous ne pensons pas à y aller chacun à notre tour comme nous faisons pour les églises. Nous achetons des cartes postales en liège pour envoyer à la famille et aux amis puis nous continuons la descente de la Baixa jusqu’à la Praça do Commercio qui nous déçoit beaucoup car les seuls monuments intéressants sont en cours de nettoyage et donc bâchés. Nous visitons ensuite le quartier de l’Alfama pour faire l’inévitable photo du petit tram dans une rue escarpée puis montons jusqu’au Castelo où nous mangeons au restaurant de délicieux filets de merlan frits. En début d’après midi  nous parcourons le Chiado (quartier commerçant chic) jusqu’à la Praça Luis de Camoes qui ne présente pas d’autre intérêt que celui d’avoir été un des hauts lieux de la révolution des œillets. Plus haut, nous atteignons le Bairro alto, photographions l’Elévador da Bica et poursuivonsDSC_1143.jpg jusqu’au Belvédère Alto de Santa Catarina qui offrirait une belle vue sur le Tage s’il n’était pas en travaux et où se dresse la statue d’Adamastor, le monstre marin mythique qui terrorisait les navigateurs du XVème siècle. Retour sur la Praça Luis de Camoes où nous prenons un taxi pour rentrer au camping. Le premier ne veut pas nous prendre à cause de Platon, le deuxième accepte. Le chauffeur ne parle pas un mot de français, mais il est fort sympathique et aimerait bien discuter. Il nous ramène au Lisboa camping pour 9 €. Nous avons été un peu déçus par la visite de Lisbonne. C’est une ville sympathique, mais un peu sale et qui n’a rien d’une capitale. Mis à part Bélem, il n’y a aucun beau bâtiment.

     

    Après vidanges et plein, nous partons pour Sintra à 9h15 le jeudi 13 juin.  Nous trouvons à stationner sans problème et partons vers le Castelo où nous arrivons après une heure et demie de marche. Impossible de pénétrer dans les jardins, les chiens y sont interdits. Nous redescendons vers le camping-car, nous mangeons puis faisons route vers le circuit automobile d’Estoril : On ne peut rien voir du tout. Nous essayons alors de faire la route de la côte autour de Cascais, mais c’est la fête à Cascais et on ne peut pas passer… Nous allons nous poser à Guincho, au même endroit que le 10. Il y a du soleil, le ciel est bleu, le vent souffle et il y a des vagues. C’est très beau.

     

    Vendredi 14 juin, nous faisons la côte de Guincho à Lisbonne. C’est très joli. Nous faisons les courses à Sésimbra dans un supermarché Continente où nos cartes bancaires ne passent pas. Il faut payer en liquide avant d’aller refaire le plein d’espèces au distributeur du magasin ! Repas de midi au monastère abandonné de Capo Espichel puis route en corniche un peu vertigineuse, mais très belle, entre Portinho da Arrabida et Sétubal.Étape du soir à Sines en bord d’océan face aux tankers et porte-containers.

     

    Il fait beau, mais il y a beaucoup de vent le samedi 15 juin. Nous faisons route jusqu’à Vila Nova de Milfontes à la recherche d’un petit port de pêche typique et prenons notre repas de midi au Capo de Sao Vicente. C’est très beau… et très touristique ! Deuxième cap au programme de la journée : La pointe de Sagres. Elle est occupée par un fort et il s’en faut de peu que nous la manquions. Après une infructueuse recherche de petits ports de pêche nous rejoignons un camping que j’ai repéré sur internet et où nous avons l’intention de nous arrêter deux jours. Il est au milieu de nulle part et ne présente aucun intérêt, nous allons nous poser sur une aire de services à Lagos.

     

    Après avoir acquité la taxe de parking et fait vidanges et plein, nous passons la matinée du dimanche 16 juin à flaner dans les rues de Lagos, jolie petite station balnéaire. C’est le jour de la fête des pères (le téléphone des enfants nous l’a rappelé), nous allons manger au restaurant. Après une « Bacalhau com natas », morue à la crème et aux crevettes, nous choisissons un dessert : Parmi les desserts flambés à l’alcol, il y a des « morangos ». Persuadés qu’il s’agit de meringue (car les portugais en font beaucoup) et que ce doit être une sorte d’omelette norvégienne nous commandons et voyons arriver… des fraises dans un coulis alcolisé flambé avec une tranche d’orange et une boule de vanille. L’après-midi, nous prenons la route pour faire les stations. Il n’y a aucune route côtière, il faut chaque fois se dérouter, aller jusqu’à la station et revenir : Alvor, Carvoeiro, Albufeira (moche), Praia de Faro (accés interdit aux camping cars), Faro puis Olhao où le « charmant petit port de pêche » promis par le Guide vert se révèle être un port assez mal entretenu. Nous pensions y faire étape, mais l’endroit est déprimant, nous rejoignons le camping le plus proche.

     

    À 9h00 le lundi 17 juin, nous partons visiter Faro. Nous trouvons sans difficulté un parking où un individu prétend nous « aider » à stationner. Jusqu’à présent, nous avions toujours eu affaire à des hommes plus tout jeunes et manifestement sans moyens. Cette fois, il s’agit d’un jeune d’une vingtaine d’année en pleine forme. Il n’aura pas sa pièce. La visite de Faro est très décevante. Nous faisons quelques photos, mais il n’y a vraiment rien à voir. À midi, nous mangeons à Fuzeta dans un site très agréable avant d’aller visiter Tavira où nous voyons des cigognes sur une cheminée d’usine. DSC 1179Nous allons ensuite Pegras del Rei où j’ai repéré un parking. C’est très joli. Nous prenons un petit train pour rejoindre la Praia Baril et ses ancres. Petit Platon est obligé de « garder la maison ». Nous retournons ensuite à Fuzeta où nous avons décidé de nous reposer avant la remontée vers le nord. Le camping est très bien, mais il n’est pas équipé de prises européennes pour le branchement électrique. Il n’y a que des prises « normales » me dit le préposé à notre installation (c’est à dire des prises aux normes espagnoles et portugaises). Heureusement un camping cariste français me prète un adaptateur DSC_1189.JPGet nous pouvons nous brancher. Nous l’avons trouvé notre petit port de pêche typique : Il y a des barques, des bateaux, des pêcheurs qui ravaudent leurs filets, des petites cabanes de pêcheurs avec des chats qui attendent leur poisson.

     

    Lever à 7h30 le mardi 18 juin. Promenade dans le village et sur le port avant le repas de midi, puis promenade vers la plage qui n’est accessible que par un bateau qui fait la navette entre le port et une sorte d’île de sable où se trouve la grande plage. Retour au camp et lecture.

     

    Nous ne bougeons pas du camp le mercredi 19 juin au matin, mais l’après-midi, nous faisons une grande ballade autour de la lagune.

     

    Route vers Vila Real de Santo Antonio le jeudi 20 juin afin de faire le dernier tronçon de la côte sud avant de remonter vers Beja à travers la campagne pelée désertique de l’Alentejo. Repas de midi sur la seule aire de repos de la région puis arrivée à Evora où il est impossible de stationner aux endroits repérés à l’avance car il y a la fête. Heureusement, nous trouvons un stationnement pas trop loin du centro historico et nous pouvons aller visiter la ville qui est assez agréable et où voisinent l’antique, le médiéval, le néogothique, le baroque et le moderne. À l’intérieur de la cathédrale je vais photographier en cachette (les photos sont interdites malgré les 1,50 € de droit d’entrée) une statue en pierre polychrome illustrant un oxymore peu courant : Une vierge enceinte ! Nous prenons ensuite une consommation à la terrasse d’un bar sur LA place historique avant de rejoindre le parking où nous passerons la nuit.

     

    Route vers Portalegre puis Marvalo où nous mangeons à midi sur une aire gratuite non répertoriée et fort bien placée le vendredi 21 juin. En début d’après-midi nous visitons le très joli village de Marvalo avant de faire route vers Castelo Vide puis Braga où il n’y a strictement rien à voir. Etape à Castelo Mendo, une des quinze places fortes de l’Est érigées au XVIIème siècle pour protéger la frontière. C’est un « bout du monde » assez sympathique. Nous achetons du vin (très bon) à un paysan local.

     

    Hormis un joli passage dans le Haut Douro, la route du samedi 22 juin vers Bragança est assez fastidieuse. Par contre l’aire de Bragança au pied de la forteresse est tout à fait magnifique. Nous y mangeons avant d’aller visiter la forteresse qui est assez belle. Ètape le soir à Miranda do Douro qui marque le début de la haute vallée du Douro et des nombreux barrages qu’il faut absolument voir, paraît-il. La vieille ville de Miranda est mignonette, sans plus.

     

    Le dimanche 23 juin, je me fie à mon instinct au lieu de programmer mon GPS pour rejoindre le barrage de Picote. Je n’aurais pas dû car je fais une route plutôt difficile alors qu’il y en avait une beaucoup plus commode. Nous descendons ensuite toute la vallée jusqu’à Barca d’Alva. La route ne suit pas souvent le Douro mais il est vrai qu’elle n’est pas désagréable, champs d’oliviers et plans de vigne se succèdent. Nous retournons ensuite à Miranda, passons sur le premier barrage du Douro qui fait frontière avec l’Espagne et roulons jusqu’à Valladolid. L’aire semble très bien située (à côté du champ de foire), mais un vacarme prétendument « festif » nous tient éveillés jusqu’à 4 h du matin.

     

    Lundi 24 juin, il a fallu allumer le chauffage en se levant. Le petit +7°c du matin avait bien rafraîchi la maison. Route vers Burgos pour revoir la cathédrale, puis autoroute vers Bilbao. Nous en sortons pour trouver un supermarché et faisons une heure et demie de petite route touristique avec descente de col vertigineuse sans rien trouver à manger. Repas de midi à Lalio (nous avons quelques restes) et autoroute jusqu’à l’Intermarché de Biarritz où nous faisons nos courses avant de reprendre notre trajet. Nous faisons étape à 50 kilomètres au sud de Bordeaux sur une aire magnifique.

     

    Plus que deux jours de route avant de rejoindre notre point de départ. Nous aurons fait 6531 kilomètres.

     

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